À mesure que se profile l’élection présidentielle de 2027, les chances d’une révision constitutionnelle instaurant le futur « État de la Nouvelle‑Calédonie » apparaissent de plus en plus ténues. Malgré ce constat, l’exécutif a poursuivi, vendredi 16 janvier 2026, une série de rencontres à l’Élysée visant « à ouvrir de nouvelles perspectives politiques » et « à continuer d’avancer sur la stabilisation de ses institutions », selon la communication présidentielle.
Une initiative présidentielle au calendrier serré
Le chef de l’État, qui souhaite « faire de 2026 une année utile », a reçu les formations politiques du territoire pour tenter de dégager des avancées politiques et institutionnelles. À l’Élysée, la formulation insiste sur l’idée d’un « point d’étape » destiné à obtenir des « éclaircissements », des « clarifications », des « explications » et des « interprétations » autour du projet porté par l’exécutif.
Cette volonté intervient alors que le dossier calédonien reste bloqué depuis 2021, une situation sur laquelle le président, d’après des observateurs cités dans la dépêche initiale, aurait exprimé une certaine lassitude. L’urgence du calendrier national — avec une présidentielle programmée pour 2027 — réduit d’emblée la marge de manœuvre politique et parlementaire pour conduire une réforme constitutionnelle majeure.
Accord de Bougival et document attendu
Les signataires, indépendantistes et non‑indépendantistes, de l’accord de Bougival du 12 juillet 2025 étaient conviés à se retrouver à Paris, à l’exception du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS). Le FLNKS a, depuis, rejeté l’accord et ne s’est pas déplacé à la capitale.
Selon les termes officiels rapportés, ces partis devaient élaborer « d’ici lundi » un « document complémentaire ». Compte tenu du rendez‑vous tenu le vendredi 16 janvier 2026, cette échéance correspondrait au lundi 19 janvier 2026. L’intention affichée est d’inclure ce document, par amendement, au projet de loi constitutionnelle que l’exécutif a présenté au conseil des ministres à la mi‑octobre 2025.
Le format retenu par l’Élysée — mise en commun d’interprétations et de formulations — vise à fournir au Parlement des éléments qui permettraient, en théorie, de clarifier le texte soumis à révision. Reste à savoir si ces compléments seront jugés suffisants pour lever les obstacles politiques et juridiques qui subsistent.
Consultation, élections provinciales et calendrier local
Le calendrier décrit par l’exécutif prévoit, en cas d’adoption de la loi constitutionnelle, la tenue d’une consultation de la population calédonienne. Après celle‑ci, des élections provinciales seraient organisées — mais « qui pourraient être repoussées à l’horizon du mois de septembre 2026 », précise la communication, ce qui constituerait, si confirmé, le quatrième report de ces scrutins.
La perspective d’une consultation suivie d’élections souligne le lien entre la réforme constitutionnelle et les échéances démocratiques locales. Toutefois, l’absence d’un acteur majeur — le FLNKS — et la proximité d’élections nationales en 2027 complexifient nettement la capacité de l’exécutif à conduire et finaliser ce processus dans des délais serrés.
En l’état, l’opération menée par l’Élysée apparait comme une tentative de relancer un dialogue institutionnel et politique, mais elle se heurte à des contraintes temporelles et à des résistances internes au sein de la scène calédonienne. Les prochains jours, et notamment les livrables attendus « d’ici lundi 19 janvier 2026 », serviront d’indicateur sur la possibilité réelle d’inscrire une modification constitutionnelle au Parlement avant la clôture effective des agendas législatifs nationaux.





