Candidat à la mairie de Lyon, Jean‑Michel Aulas a essuyé un revers judiciaire mardi 20 janvier. Il a perdu le procès en diffamation qu’il avait engagé contre deux journalistes de Rue89Lyon, concernant une enquête publiée en octobre 2023 sur l’investissement d’un million d’euros de la holding familiale Holnest dans un aéroport de luxe destiné aux jets privés en Floride.
Contexte de l’enquête
L’article contesté, titré « Les Aulas s’envolent en jet privé dans les paradis fiscaux », s’appuyait sur une analyse de documents OpenLux consacrés au rôle du Luxembourg comme place financière, documents révélés par Le Monde en février 2021.
Selon les journalistes de Rue89Lyon, la holding Holnest et ses associés auraient mis en place un montage financier complexe incluant une société offshore domiciliée dans le Delaware, État américain souvent cité pour sa fiscalité avantageuse. L’enquête décrivait en particulier un apport d’environ un million d’euros pour des installations destinées aux avions privés en Floride.
Les éléments publiés mêlaient données issues des fuites OpenLux et recoupements réalisés par la rédaction de Rue89Lyon. Ces informations ont servi de fondement à l’argumentaire journalistique mis en cause par Jean‑Michel Aulas, qui estimait être la cible d’allégations diffamatoires.
Décision de la 6e chambre de la presse
La 6e chambre de la presse du tribunal correctionnel de Lyon a rejeté la demande de M. Aulas. Les juges ont estimé que les propos tenus dans l’article « ne contiennent pas d’allégations diffamatoires ». Les deux journalistes ont ainsi été relaxés.
Le tribunal a également condamné M. Aulas à rembourser 3 369 euros, correspondant aux frais judiciaires engagés par le site pour sa défense. En revanche, la demande du plaignant visant à obtenir une condamnation pour procédure abusive n’a pas été suivie.
Cette décision judiciaire tranche la question de la diffamation selon l’appréciation du tribunal, qui a considéré que les informations et la manière dont elles étaient présentées ne franchissaient pas, en l’état, le seuil légal de la diffamation.
Implications et précision sur les sources
L’affaire illustre la manière dont des enquêtes journalistiques fondées sur des fuites documentaires internationales peuvent conduire à des litiges judiciaires quand elles concernent des personnalités publiques ou des dirigeants d’entreprises. Dans le dossier cité, la base documentaire principale mentionnée est OpenLux, ensemble de documents relatifs au rôle du Luxembourg comme place financière, révélés par Le Monde en février 2021.
Le tribunal a pris en compte le contenu de l’article, la source des documents utilisés et la formulation des journalistes pour statuer. La condamnation au remboursement des frais reflète la charge financière de la procédure pour la rédaction mise en cause, tandis que l’absence de sanction pour abus de procédure indique que le tribunal n’a pas retenu de démarche vexatoire suffisamment caractérisée de la part du plaignant.
Aucune autre sanction civile ou pénale n’a été mentionnée dans le dispositif rendu public à l’issue de l’audience telle que rapportée ici.
Les éléments chiffrés et les titres cités — notamment l’investissement d’un million d’euros, le montant des frais judiciaires (3 369 euros), la date de révélation des documents OpenLux (février 2021) et la parution de l’article en octobre 2023 — sont conservés et présentés conformément aux informations initiales communiquées lors du procès.
Le dossier reste circonscrit aux faits présentés devant la 6e chambre de la presse du tribunal correctionnel de Lyon et aux pièces invoquées par les parties au moment de l’audience.





