À l’Assemblée, les Républicains misent sur des victoires tactiques : report de l’interdiction du voile aux mineures et manœuvre sur les Frères musulmans

Share This Article:

Les Républicains (LR) à l’Assemblée nationale, lors de leur niche parlementaire du 22 janvier, ont volontairement reculé la proposition visant à interdire le voilement des mineures — placée en cinquième position par Laurent Wauquiez — pour éviter une « bataille d’amendements » et maximiser l’adoption de plusieurs textes. La journée s’est ouverte par une résolution d’Éric Pauget demandant l’inscription de la mouvance des Frères musulmans sur la liste européenne des organisations terroristes, adoptée en commission, une manœuvre tactique pour contrôler le calendrier et limiter les blocages procéduraux.

Organisation de la journée LR à l’Assemblée

Jeudi 22 janvier, le groupe Les Républicains (LR) disposait d’une niche parlementaire à l’Assemblée nationale, journée durant laquelle il exerce son droit d’agenda pour présenter dix textes. Comme pour les autres groupes, l’ordre des interventions pouvait être modifié jusqu’au dernier moment, pratique courante des groupes parlementaires face aux aléas politiques et procéduraux.

À la tête du groupe, Laurent Wauquiez, député de la Haute-Loire, avait initialement placé au menu une proposition de loi sensible. Il a toutefois choisi de la reculer, la faisant passer en cinquième position sur les dix points prévus. Ce mouvement traduit une volonté de maîtriser le calendrier et d’éviter une confrontation immédiate sur un dossier potentiellement conflictuel.

Pourquoi décaler la proposition sur le voilement des mineures

La proposition en question vise à « interdire le voilement des mineures dans l’espace public ». Annoncée comme le plat de résistance de la niche, elle a finalement été repositionnée en cinquième place, ce qui laisse d’abord la place à d’autres textes moins agressifs politiquement.

Selon le parti, Laurent Wauquiez a mesuré le risque d’une « interminable bataille d’amendements, de suspension de séance ou de rappel aux règlements » sur un thème aussi éruptif. En reportant le débat, le chef de groupe cherchait donc à réduire la probabilité d’un blocage procédural qui aurait pu remettre en question l’ensemble de la journée parlementaire.

Ouverture par une résolution européenne

La journée s’est ouverte sous la responsabilité d’Éric Pauget, député des Alpes-Maritimes. Il a défendu en première position une proposition de résolution européenne visant à inciter le Conseil de l’Union européenne à « inscrire la mouvance des Frères musulmans sur la liste européenne des organisations terroristes ». M. Pauget a salué le choix stratégique de son chef de groupe : « En décalant sa proposition, il nous laisse le temps de faire adopter nos quatre premiers textes, ce qui serait assez unique pour une niche. »

Le député anticipe cependant des débats vifs, notamment avec les « insoumis ». Il estime néanmoins que le report de la proposition sur le voilement permettra au groupe de mener à bien ses textes d’ouverture sans que la journée ne soit immédiatement happée par le dossier le plus clivant.

Un résultat déjà validé en commission

La résolution européenne d’Éric Pauget avait été examinée et adoptée en commission des affaires étrangères. Le texte y a recueilli un appui notable, incluant celui du groupe Horizons, selon les éléments communiqués par le groupe LR. Cette adoption en commission donne au texte une base de travail avant son examen en séance plénière.

La mention d’un soutien intergroupe illustre la manière dont certains dossiers européens peuvent traverser les clivages habituels, au moins lors des étapes préalables au vote en hémicycle. Reste que l’accueil définitif en séance publique peut différer, en particulier sur les sujets sensibles à forte charge symbolique.

Enjeux politiques et tactiques parlementaires

Le report de la proposition sur le voilement des mineures reflète une logique tactique : préserver la capacité du groupe à faire adopter plusieurs textes lors d’une même niche. Pour LR, réussir à faire voter quatre textes d’entrée serait perçu comme un succès organisationnel et politique.

La crainte d’une « bataille d’amendements » ou d’autres procédures dilatoires n’est pas nouvelle à l’Assemblée. Ces procédés peuvent rallonger les débats et empêcher l’examen des autres propositions prévues par un groupe au cours d’une même journée. En décalant le sujet le plus clivant, le groupe espère donc limiter ces risques et contrôler davantage le calendrier parlementaire.

Sur le fond, le déplacement de la discussion ne modifie pas le caractère controversé de la proposition sur le voilement des mineures. Le texte demeure susceptible de susciter des échanges intenses lors de son passage, tout comme la résolution européenne d’ouverture est attendue pour provoquer des débats nourris dès les premières heures de la séance.

La journée LR a donc été pensée comme une séquence à plusieurs temps : d’abord imposer et faire adopter des textes choisis, ensuite affronter le dossier le plus sensible avec une marge de manœuvre plus large, afin de limiter les risques de blocage procédural.

Parlons Politique

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Subscribe To Our Newsletter

No spam, notifications only about new products, updates.

[contact-form-7 id="b565394" title="Untitled"]

L’actu politique, sans détour

En bref

Parlons Politique décrypte l’actualité française et internationale avec clarté et précision en utilisant l’IA.

Analyses, débats et enquêtes : notre rédaction s’engage à vous offrir une information fiable, accessible à tous et sans détour.

© 2025 Parlons Politique