Les députés Les Républicains (LR) ont obtenu l’adoption de deux textes au terme d’une journée d’initiative parlementaire marquée par des débats longs et un agenda contrarié. Prévu pour durer de 9 heures à minuit, le créneau consacré à la « niche » du groupe n’a permis, pauses comprises, que le vote de deux propositions de résolution non contraignantes, et non de lois. Le bilan, selon le compte rendu des débats, reste limité.
Un calendrier ambitieux et des prévisions déjouées
Le groupe LR avait initialement inscrit quatre textes à l’ordre du jour, espérant boucler les débats entre le matin et la fin de la soirée. Dès l’ouverture des travaux, les élus ont enregistré un agenda volontairement clivant. La journée visait notamment à inscrire la mouvance des Frères musulmans sur la liste des organisations terroristes, proposition qui a polarisé les prises de parole.
Eric Pauget, député LR des Alpes-Maritimes et rapporteur du texte, estimait en matinée que « on devrait pouvoir voter vers midi ». Le calendrier prévu a toutefois été perturbé : les débats se sont étirés et les votes ont pris du retard. Il est finalement « presque 16 heures » lorsque Laurent Wauquiez, président du groupe LR, annonce la victoire au sortir d’une séance prolongée dans la salle des Quatre-Colonnes, après près de cinq heures de discussion et d’interventions vives.
Une résolution adoptée, sans force contraignante
La première résolution majeure, visant à inscrire les Frères musulmans sur la liste des organisations terroristes, a été soumise au vote après de longues oppositions. Adoptée par 157 voix contre 101, cette proposition a recueilli une majorité parlementaire mais reste dépourvue de caractère légal contraignant, comme l’ont rappelé plusieurs intervenants. Une résolution n’a pas la même portée qu’une loi ; elle formule une position politique sans créer d’obligation juridique.
Laurent Wauquiez a présenté le vote comme « un premier pas dans la lutte contre l’islamisme et le frérisme qui menacent la France ». Le chef de file du groupe a salué l’adoption du texte tout en soulignant sa portée symbolique plutôt que normative.
Tensions et accusations d’obstruction
La confrontation a pris la forme d’accusations réciproques entre camps. À droite, plusieurs orateurs ont pointé du doigt la France insoumise (LFI), dénonçant une obstruction systématique aux débats. Justine Gruet, députée (Jura) affiliée au groupe LR, a ainsi affirmé que « par leur obstruction systématique, les ‘insoumis’ ont fait preuve de leur collusion avec les Frères musulmans ».
Sur l’autre bord de l’hémicycle, la gauche a voté unie contre la résolution et a dénoncé le caractère politique et clivant de l’initiative. Plusieurs députés y ont vu une proximité croissante entre la droite et les formations situées plus à l’extrême droite de l’échiquier politique. En début de séance, la députée de La France insoumise Gabrielle Cathala (Val‑d’Oise) ironisait : « Je sens que cette journée de niche du Rassemblement national (RN) va être extrêmement longue pour tout le monde ».
Les querelles de procédure et les invectives ont alourdi la cadence des débats, retardant l’examen des autres textes inscrits au programme.
Un bilan restreint et des textes non contraignants
Au final, le groupe LR a réussi à faire adopter deux propositions de résolution. Ces textes, rappelons‑le, n’ont pas la portée d’une loi et n’imposent aucune contrainte juridique. L’expression consacrée dans le compte rendu — « Le chat est maigre » — illustre la déception de certains acteurs face à ce résultat limité, après une journée de mobilisation parlementaire intensive.
Les deux autres textes initialement programmés n’ont pas été entérinés dans le délai imparti. Les débats longs et les désaccords politiques ont contribué à ce calendrier écourté, laissant au groupe LR un bilan mesuré pour sa journée d’initiative.





