Le député de la Somme François Ruffin a confirmé, lundi 26 janvier, qu’il sera candidat à la primaire de la « gauche unitaire », lors d’interviews accordées à Libération et à TF1. Les organisateurs de cette primaire — à laquelle ne participeront ni Raphaël Glucksmann (Place publique), ni Jean‑Luc Mélenchon (La France insoumise, LFI), ni le Parti communiste français (PCF) — ont annoncé qu’elle se tiendrait le 11 octobre.
Une candidature confirmée et des conditions affichées
« La primaire est actée : ce sera le 11 octobre prochain. Et oui, sans surprise, je serai candidat », a déclaré François Ruffin dans Libération. Interrogé sur TF1, il a répété sa détermination : « J’y vais pour gagner, et surtout j’y vais pour faire gagner les Français. »
Le député a précisé les conditions qu’il entend remplir avant de se porter officiellement candidat à la présidentielle : « une fois récolté les 500 maires et les 100 000 soutiens, 100 000 parrains citoyens, je serai candidat à l’élection présidentielle », a‑t‑il affirmé. Il a ainsi mis en avant à la fois des soutiens institutionnels (maires) et une mobilisation citoyenne.
Parcours et positionnement politique
Ancien membre de La France insoumise, François Ruffin a rompu avec ce mouvement au moment des élections législatives de 2024. Député depuis 2017, il a remporté sa circonscription à trois reprises, dont deux face au Rassemblement national, rappelle le texte d’origine.
Depuis son départ de LFI, il a lancé le mouvement Debout, qui se présente comme une déclinaison nationale de son parti local, Picardie Debout. Souvent critiqué pour des difficultés à s’intégrer dans des collectifs, il s’est toutefois imposé comme l’un des principaux porte‑parole de l’idée d’une primaire large, qu’il souhaite « de débordement ».
Appels et désaccords au sein de la gauche
François Ruffin a encore tendu la main à Jean‑Luc Mélenchon et à Raphaël Glucksmann pour qu’ils participent à la primaire. « De quoi ont-ils peur ? Du vote, du peuple de gauche, de leurs électeurs ? », a‑t‑il interrogé dans Libération.
Du côté de Place publique, Raphaël Glucksmann a réaffirmé son refus de participer à ce type de processus. Selon le texte d’origine, il juge la primaire comme « une volonté de ne pas choisir entre les deux pôles qui existent à gauche » — la social‑démocratie et la gauche radicale — et appelle ses partenaires socialistes à construire une « plateforme commune ». Le fondateur de Place publique est présenté comme crédité d’environ 13 % des voix dans les éléments rapportés par l’article source.
Parmi les candidatures déjà déclarées pour la primaire figurent celles de Clémentine Autain, co‑fondatrice du mouvement L’Après (issue d’anciens « insoumis »), et de Marine Tondelier, cheffe des Écologistes. Le patron du Parti socialiste, Olivier Faure, souhaite quant à lui engager les socialistes dans ce processus.
Un programme affiché, symbole de simplicité
Sur le plan programmatique, François Ruffin met en avant une posture volontariste contre les privilèges. Âgé de 50 ans selon le texte d’origine, il promet « une nouvelle abolition des privilèges » en cas de victoire à l’Élysée. Il a résumé ce positionnement par des engagements symboliques et chiffrés : « L’exemple viendra d’en haut : je suis le premier député au Smic, je serai le premier président au Smic. Je paierai mes factures d’électricité comme de Gaulle et j’achèterai ma vaisselle au supermarché comme sa femme Yvonne. Nous ferons vingt millions d’euros d’économies sur le budget de l’Élysée, quatre cents postes d’infirmières. C’est un symbole », a‑t‑il déclaré.
Sur TF1, il a ajouté : « Je ne suis pas né pour ça, enfant je ne me revais pas président, mais je me sens habité par mille voix, mille vies, mille visages. » Ces propos soulignent la volonté de l’élu de se présenter en rupture avec les usages traditionnels du pouvoir.
La tenue effective de la primaire le 11 octobre et la composition finale des candidatures resteront des éléments à suivre, notamment au regard des choix des formations et figures de la gauche qui ont d’ores et déjà décliné l’invitation. Le calendrier annoncé fixe toutefois une échéance claire pour le processus interne de sélection.





