Catherine Griset et Marine Le Pen se connaissent depuis l’âge adulte et ont construit une relation professionnelle de longue date, devenue au fil du temps une proximité politique et personnelle. « J’avais 20 ans, elle en avait 25, c’était une jeune avocate, je suis devenue son assistante juridique », a rappelé Mme Griset mardi 27 janvier, au neuvième jour du procès en appel des assistants parlementaires européens du Front national (FN).
Un lien ancien et des fonctions successives
La trajectoire de Catherine Griset auprès de Marine Le Pen s’est faite par paliers. Elle est d’abord devenue son assistante personnelle au sein du parti, puis son assistante parlementaire à Strasbourg. Enfin, elle figure, sur le papier, comme assistante parlementaire accréditée au Parlement européen à Bruxelles.
Cette mention « sur le papier » est importante dans le dossier : Mme Griset était censée pointer quotidiennement à Bruxelles, alors qu’elle habitait à Garches, dans les Hauts-de-Seine, avec sa fille. L’écart entre l’accréditation et la réalité géographique alimente la contestation centrale du procès.
La condamnation en première instance
Le 31 mars 2025, Catherine Griset a été condamnée à un an de prison avec sursis et à deux ans d’inéligibilité, avec exécution provisoire. La sanction vise un séjour qualifié de « fantôme » au Parlement européen, pour la période allant du 2 décembre 2010 au 14 février 2016.
Lors de l’instruction, elle avait déclaré vivre « à plein temps à Bruxelles ». À l’audience de l’appel, elle a reconnu la tension entourant ses déclarations : « j’étais peut-être un peu stressée », a-t-elle admis, parlant de son comportement au moment des faits.
Les enjeux du procès en appel
Le procès en appel porte sur la nature précise des fonctions exercées et sur l’adéquation entre les tâches rémunérées et la présence effective au Parlement européen. Les débats cherchent à établir si la domiciliation administrative à Bruxelles correspondait à une activité réelle sur place ou s’il s’agissait d’une simple formalité pour percevoir des crédits parlementaires.
Le dossier s’inscrit dans un contexte politique sensible : Marine Le Pen est devenue, en 2011, présidente du parti, et la gestion des assistants parlementaires au sein du mouvement fait l’objet d’un examen soutenu. Les rôles occupés par Mme Griset, successifs et proches de la dirigeante, renforcent l’attention médiatique et judiciaire portée à l’affaire.
Les éléments factuels retenus — dates précises du séjour contesté, résidence à Garches, condamnation du 31 mars 2025 — figurent au cœur du raisonnement des magistrats et des avocats. Les questions portent aussi sur la charge de la preuve : déterminer qui connaissait et qui a bénéficié d’un éventuel montage administratif.
Déclarations et défense
Face aux juges d’appel, Catherine Griset a tenté de contextualiser ses choix et ses déclarations passées. Elle a insisté sur une continuité dans ses missions et sur la difficulté de rendre compte de la frontière entre tâches internes au parti et activités parlementaires.
Son aveu de stress lors de l’instruction a été cité par la défense comme un élément explicatif, sans pour autant changer la matérialité des faits retenus en première instance. Les débats d’appel doivent désormais évaluer si cette circonstance atténue la responsabilité pénale ou, au contraire, confirme l’existence d’irregularités.
Ce qui reste factuel
Sont établis dans le dossier les points suivants : la relation de longue date entre Mme Griset et Mme Le Pen, la succession de fonctions exercées pour le parti et au Parlement, la résidence déclarée à Garches, la période de séjour contestée du 2 décembre 2010 au 14 février 2016, et la condamnation prononcée le 31 mars 2025 (un an de prison avec sursis, deux ans d’inéligibilité, exécution provisoire).
Au terme du procès en appel, la juridiction rendra sa décision sur la validité de ces éléments et sur l’éventuelle modification de la peine ou des conséquences civiles et politiques associées.
Les audiences publiques restent l’occasion pour les parties d’éclairer la réalité des fonctions et des présences, ainsi que d’examiner la responsabilité individuelle au regard des règles applicables aux assistants parlementaires européens.





