Ce n’était ni un meeting ni une réunion publique traditionnelle. Organisée par Gabriel Attal, secrétaire général de Renaissance, la soirée s’est présentée comme une « addition de bonnes volontés » destinée à « briser les codes de la politique ». L’événement, intitulé La Nuit de la Nouvelle République, s’est tenu mardi 27 janvier au Palais Brongniart à Paris et a duré cinq heures.
Un format « apartistain » et une tribune pour la « société civile »
Présentée comme « apartisan », la soirée a donné la parole à des personnalités de profils variés, souvent qualifiées de représentants de la « société civile ». Parmi elles figuraient l’académicien Alain Finkielkraut, ainsi que des responsables syndicaux et patronaux — Marylise Léon pour la CFDT, Patrick Martin pour le Medef et Amir Reza-Tofighi pour la CPME. Le choix de ces intervenants visait à offrir un panel large de points de vue, au-delà des seules figures partisanes.
Le format, conçu autour de tables rondes et de consultations, a mis l’accent sur l’échange plutôt que sur un discours politique traditionnel. Sur scène, les intervenants ont alterné prises de parole et courtes interactions avec le public, selon le déroulé communiqué par les organisateurs. L’objectif affiché était de faire émerger des idées et de tester des propositions issues de la plateforme de consultations lancée l’automne 2025.
Rappel historique et comparaison avec 2016
Le format rappelle les débuts du mouvement présidentiel d’Emmanuel Macron, notamment la campagne de 2016, lorsque rassemblements citoyens et rencontres avec la société civile ont servi de levier politique. Les organisateurs n’ont pas nié cette filiation, mais l’ont présentée comme une manière renouvelée d’engager le débat public. Dix ans après 2016, la ressemblance entre les approches suscite des interrogations sur la continuité des méthodes et sur leur adaptation au contexte actuel.
Selon l’entourage de Gabriel Attal, la Nuit de la Nouvelle République répond à une double ambition : faire « émerger des idées neuves » et « élargir ses horizons ». Ces citations, rapportées par des proches du secrétaire général, relativisent le caractère strictement partisan de l’initiative et soulignent sa vocation consultative.
La plate-forme évoquée lors de la soirée, lancée à l’automne 2025, sert de base aux consultations et permettrait de capitaliser sur les propositions recueillies. Les organisateurs ont présenté l’événement comme une étape dans un processus de construction politique qui se place dans la perspective de la présidentielle de 2027, sans pour autant en faire une déclaration de candidature formelle.
Participants et tonalité des échanges
Les intervenants ont abordé des sujets institutionnels, économiques et sociaux, en ligne avec le projet de « changement de modèle » dont Gabriel Attal se dit porteur. Les discussions ont mêlé diagnostics et propositions concrètes, en privilégiant les témoignages de terrain et les retours d’expérience des représentants syndicaux et patronaux.
La tonalité générale est restée modérée. Les débats ont cherché à combiner expertise et récits personnels plutôt qu’à produire des affrontements frontaux. Plusieurs participants ont toutefois exprimé des désaccords sur l’ampleur et la nature des réformes envisagées, témoignant d’un pluralisme réel au sein de l’assemblée.
Ce que dit l’événement sur l’agenda politique
Au-delà du contenu des échanges, l’événement envoie un signal politique : celui d’un acteur en mouvement cherchant à structurer un corpus d’idées et à enrichir son horizon de réflexion. Utiliser une plate-forme numérique et des rencontres publiques pour alimenter un projet n’est pas nouveau, mais la façon dont ces éléments sont articulés peut influer sur la perception publique et sur les alliances à venir.
La mention explicite de la présidentielle de 2027 comme horizon de réflexion a été répétée par l’entourage du secrétaire général. Sans annonce formelle de candidature, la mécanique engagée vise principalement à préparer des propositions et à tester leur résonance auprès d’un public élargi.
En guise de bilan provisoire, la Nuit de la Nouvelle République apparaît comme une opération de mise en visibilité et de collecte d’idées, qui mise sur la diversité des voix pour renouveler un discours politique. Reste à voir si ces consultations se traduiront, dans les mois qui viennent, par des orientations claires et des engagements chiffrés utilisables dans la compétition présidentielle de 2027.





