Emmanuel Macron décore Ali Akbar, dernier vendeur de journaux à la criée de Saint-Germain-des-Prés : reconnaissance d’une résilience migratoire et d’un métier menacé

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Ali Akbar, vendeur de journaux pakistanais emblématique de Saint‑Germain‑des‑Prés, a reçu l’Ordre national du Mérite des mains d’Emmanuel Macron. Son parcours — enfance marquée par le travail forcé, périple via la marine marchande et installation à Paris — incarne la résilience des trajectoires migratoires et la reconnaissance d’un métier en voie de disparition.

Parmi les récipiendaires de la Légion d’honneur ou de l’ordre national du Mérite réunis mercredi soir dans la salle des fêtes de l’Élysée, Ali Akbar a attiré l’attention. Très ému, il a reçu des mains du président Emmanuel Macron, en présence de son épouse et de ses enfants, les insignes de l’Ordre national du Mérite. « Ça y est, je suis chevalier, j’ai réussi », a-t-il confié à l’issue de la cérémonie.

Un visage familier dans les rues de Saint‑Germain‑des‑Prés

Depuis plus de cinquante ans, ce Pakistanais a acquis une place singulière dans le paysage du quartier de Saint‑Germain‑des‑Prés. On le reconnaît à sa silhouette soignée, coiffée d’une casquette de base‑ball, portant sous le bras une pile d’exemplaires du Monde qu’il propose à la criée. Pour de nombreux habitants et habitués des 6e et 7e arrondissements, il est devenu une figure emblématique du secteur.

Pourtant, malgré cette notoriété locale, peu de personnes semblaient connaître les étapes tragiques et déterminantes de son existence, que le chef de l’État a qualifiée d’« incroyable destin ». L’homme a ainsi été mis en lumière non seulement pour son métier, mais aussi pour son parcours personnel et familial.

Un parcours hors norme

Ali Akbar est né en 1954, dans une famille très pauvre à quelques kilomètres d’Islamabad, au Pakistan. Selon le récit rapporté au moment de sa distinction, il a connu le travail forcé dès l’âge de six ans, ainsi que des violences durant son enfance. À 18 ans, il s’engage dans la marine marchande, embarquant pour un périple éprouvant de deux ans.

Ce voyage en cargo l’emmène en Afghanistan, en Iran, en Turquie et en Grèce avant de le conduire à Paris. Le texte original indique qu’il arrive dans la capitale au début des années 1970, à l’âge de 20 ans. Dans une rue de la ville, il rencontre Georges Bernier, plus connu sous le nom du « professeur Choron », qui lui propose de vendre à la criée les titres Hara‑Kiri et Charlie Hebdo.

Ces éléments dressent le portrait d’un homme dont la trajectoire mêle mobilité internationale et insertion progressive dans la vie culturelle et commerciale parisienne. Ils expliquent aussi pourquoi sa présence sur le trottoir est perçue comme le fruit d’une longue histoire personnelle, marquée par la résilience.

De la rue aux insignes officiels

La remise de l’Ordre national du Mérite s’inscrit dans un registre symbolique fort. Ali Akbar figurait parmi une brochette de personnalités honorées — certains décorés de la Légion d’honneur, d’autres de l’ordre national du Mérite — lors de la cérémonie présidentielle. Son profil, singulier par son âge, son métier et son origine, a été souligné par l’Élysée et par le président lui‑même.

La cérémonie a été l’occasion de reconnaître non seulement une longévité professionnelle dans un métier en voie de disparition, la vente de journaux à la criée, mais aussi un parcours de vie qui a mené un jeune migrant à s’implanter durablement au cœur d’un quartier parisien.

Une histoire racontée, des questions qui restent

Le récit rapporté lors de la remise des insignes offre une trame claire des étapes majeures de sa vie, mais certains détails personnels évoqués restent succincts dans le compte rendu public. Le récit mentionne des éléments sensibles — travail forcé dès l’âge de six ans et violences subies — sans en préciser davantage sur les circonstances exactes ou les sources documentaires.

La mise en lumière d’un destin individuel par une décoration officielle invite à mesurer l’importance symbolique de cet acte. Elle rappelle également la présence, au cœur des villes, d’histoires migratoires et sociales souvent peu racontées dans leur complexité.

Reste que, pour les riverains et les lecteurs, la scène était éloquente : un homme qui, depuis des décennies, annonce des titres de presse sur les trottoirs de Saint‑Germain‑des‑Prés, reçoit aujourd’hui les insignes de l’État. Le contraste entre la modestie apparente de son activité et la solennité de la décoration a contribué à l’émotion partagée lors de la cérémonie.

En définitive, la distinction d’Ali Akbar met en lumière une trajectoire personnelle marquée, de la pauvreté initiale à la reconnaissance républicaine, tout en soulignant que certaines vies ordinaires recèlent des récits de mobilité, d’adaptation et de persévérance. Les éléments fournis dans le compte rendu public permettent de suivre les grandes lignes de ce parcours sans pour autant combler toutes les zones d’ombre qui entourent les épisodes les plus difficiles de son enfance.

Parlons Politique

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