Jeudi 29 janvier, plusieurs cadres des Ecologistes ont annoncé leur départ du parti pour rejoindre des listes portées par La France insoumise (LFI), une décision qui fragilise la formation verte à six semaines du premier tour des élections municipales.
Une défection en cascade dans plusieurs grandes villes
Les signataires de ce mouvement ont choisi de s’engager aux côtés de têtes de liste LFI dans plusieurs métropoles : autour de Sophia Chikirou à Paris, de William Aucant à Nantes, de Sébastien Delogu à Marseille, de Mathilde Louvain à Avignon, et de Nathalie Oziol à Montpellier. Ces départs, annoncés en bloc, concernent des élus et cadres locaux qui, jusqu’ici, siégaient au sein des Ecologistes.
La décision intervient à moins de deux mois du scrutin municipal, une échéance pour laquelle le parti vert a la mission délicate de conserver ses mairies sortantes. Le timing et l’ampleur des départs mettent la direction nationale dans une position défensive, alors que la recomposition des listes locales s’accélère.
Des critiques ciblant la stratégie d’alliance avec le PS
Les cadres partis ont rendu publique une tribune signée par plus de 400 personnes. Ils y dénoncent la stratégie nationale du parti, accusant la direction d’avoir « essentiellement privilégié l’alliance avec le Parti socialiste ». Dans le texte, ils reprochent à la direction d’avoir fait des Ecologistes « la béquille d’une social-démocratie qui entend exclure La France insoumise et choisit de tourner le dos au programme comme à la logique unitaire du Nouveau Front populaire ».
Cette formulation traduit un désaccord profond sur la ligne politique et sur le choix des partenaires privilégiés pour les municipales. Les signataires estiment que l’alliance majoritaire avec le Parti socialiste écarte une convergence possible avec LFI et rompt, selon eux, avec l’esprit d’unité d’un « Nouveau Front populaire » destiné à rassembler la gauche radicale et écologique.
Enjeux et conséquences pour la campagne municipale
Sur le plan électoral, la scission nourrit le risque d’une dispersion des voix de la gauche, particulièrement dans les villes où l’élection sera disputée au second tour. Pour les Ecologistes, perdre des élus locaux et des cadres à l’approche du scrutin complique la présentation de listes homogènes et affaiblit la capacité du parti à défendre ses mairies sortantes.
Politiquement, la défiance exprimée met en lumière une tension récurrente à gauche : faut‑il privilégier des alliances avec les partis de gouvernement comme le PS pour maximiser les chances locales, ou construire des listes autonomes et/ou unitaires avec LFI et d’autres forces sociales pour porter un programme plus radical ? Le choix opéré par la direction nationale appartient, pour l’heure, au champ stratégique interne du parti.
Un calendrier resserré pour la direction nationale
Avec le premier tour fixé à six semaines après l’annonce, la direction des Ecologistes fait face à une contrainte de calendrier. Elle doit à la fois tenter de limiter les départs, clarifier sa ligne nationale et sécuriser les alliances locales afin d’éviter des marges d’erreur électorales importantes.
Les signataires de la tribune ont choisi la voie publique pour faire valoir leur désaccord, en espérant peser sur la recomposition des listes et sur le débat interne. Reste à voir si cette initiative provoquera des réajustements tactiques ou si elle creusera durablement la fracture au sein du parti.
La période qui précède le premier tour s’annonce donc tendue pour les Ecologistes : entre négociations locales, recompositions de listes et communication publique des dissensions, le parti doit gérer une crise interne aux ramifications potentiellement décisives pour son score aux municipales.





