Le candidat d’Horizons et de Renaissance à la mairie de Paris, Pierre-Yves Bournazel, a estimé samedi 31 janvier qu’il fallait « tirer les leçons » des défaillances et des violences révélées dans le périscolaire parisien. Interrogé sur Franceinfo, il a estimé que, si lui avait été maire, il « aurait démissionné et viré les membres de l’exécutif et d’administration qui ont failli » : « Ils ont failli et à un moment donné, il y a une éthique de responsabilité. »
Les révélations de l’enquête
Les failles évoquées par Pierre-Yves Bournazel trouvent leur origine dans une enquête diffusée jeudi soir par l’émission Cash Investigation, sur France 2. Le reportage donne la parole à des parents dont les signalements de comportements suspects de personnels n’auraient pas été pris en compte. Il pointe aussi l’absence d’un cadre structuré pour le recrutement et relate des comportements inappropriés d’animateurs.
Parmi les séquences relayées, le reportage montre notamment une animatrice qui embrasse un enfant « sur la bouche » dans l’école maternelle publique Saint‑Dominique, située dans le 7e arrondissement de Paris. Ces images et témoignages ont servi de déclencheur aux réactions politiques et administratives qui ont suivi.
Mesures annoncées par la Mairie de Paris
Dans un communiqué publié après la diffusion, la Mairie de Paris a indiqué avoir lancé « une enquête administrative », émis « un signalement au parquet » et procédé à la suspension immédiate de deux animatrices mises en cause dans le reportage. Ces décisions visent, selon la municipalité, à permettre des vérifications et à assurer la protection des enfants concernés.
Les mesures annoncées se concentrent sur les suites administratives et judiciaires, sans que le communiqué détaillât, dans l’immédiat, l’ensemble des suites possibles en matière de réorganisation interne ou de contrôle des procédures de recrutement.
Réactions des candidats à l’Hôtel de Ville
La diffusion de l’enquête a suscité des réactions vives chez plusieurs candidats à la mairie de Paris. Rachida Dati, maire du 7e arrondissement et tête de liste LR‑MoDem, a dénoncé une « omerta » ainsi que des « dysfonctionnements systémiques » au sein de la Ville de Paris, demandant l’ouverture d’une enquête globale sur l’ensemble du périscolaire parisien.
Emmanuel Grégoire (PS), candidat de l’union de la gauche hors LFI et ancien premier adjoint de la maire Anne Hidalgo entre 2018 et 2024, a dit son « choc » et sa « colère ». Son intervention traduit l’ampleur de l’émoi politique provoqué par les révélations.
La candidate LFI, Sophia Chikirou, s’est elle aussi interrogée publiquement : « Qui sont les responsables ? Pourquoi les alertes n’ont‑elles jamais été suivies d’effet ? » Ces questions renvoient à la problématique centrale soulevée par l’enquête : des signaux d’alerte auraient été formulés sans que des actions correctrices soient engagées.
Du côté de l’extrême droite, Sarah Knafo (Reconquête !) a qualifié l’affaire de « scandale » lors d’une intervention sur CNews, déplorant que des animateurs puissent être recrutés « sans aucune vérification ». Cette critique met l’accent sur les procédures de recrutement et sur les contrôles préalables au recrutement du personnel encadrant les enfants.
Enjeux de responsabilité et de prévention
Les déclarations des élus et candidates insistent sur la nécessité d’établir les responsabilités, tant politiques qu’administratives. Pierre‑Yves Bournazel a réitéré son appel à la reddition de comptes : « Le maire de Paris devrait demander des comptes à son exécutif, à l’adjoint en charge du dossier du périscolaire, et aux administrations, aux cadres qui sont responsables et qui ont eu les remontées. »
Au‑delà des poursuites éventuelles et des suspensions temporaires, la controverse soulève des questions pratiques sur le renforcement des procédures de signalement, le suivi des alertes, et les critères de recrutement et de formation des animateurs. Les annonces de la mairie et les réactions partisanes laissent entrevoir un débat public concentré sur la prévention et la gouvernance du périscolaire.
À ce stade, les éléments connus proviennent principalement du reportage de Cash Investigation et des communiqués et prises de parole diffusés immédiatement après la diffusion. Les enquêtes administrative et judiciaire en cours détermineront, le cas échéant, d’autres responsabilités et l’éventail des mesures à mettre en œuvre.





