Ce samedi matin d’hiver frisquet, à Nîmes, le 10 janvier, plus de 700 personnes se sont rassemblées place Questel pour écouter un nouveau binôme politique qui vient « jouer les trublions » de la campagne municipale.
Sur cette place du centre-ville, la présidente gardoise de Renaissance, Valérie Rouverand, et l’ancien premier adjoint Les Républicains (LR), Julien Plantier, ont annoncé leur décision de faire liste commune et ont officialisé leur union devant les habitants présents.
Une alliance inédite au cœur de Nîmes
L’union entre une élue de Renaissance et un ancien cadre LR modifie sensiblement l’échiquier local. À Nîmes, cité de quelque 150 000 habitants et plus grande ville sous contrôle des Républicains dans l’Hexagone, la nouveauté de cette liste commune surprend autant qu’elle relance les débats.
Valérie Rouverand, à la tête de la fédération départementale de Renaissance, apporte l’étiquette d’un mouvement centriste. Julien Plantier, 40 ans, connu pour avoir été premier adjoint au maire, abandonne ainsi sa position d’ancien cadre de la majorité municipale pour s’allier avec un parti différent.
Un maire sortant absent mais déterminant
Jean-Paul Fournier, maire sortant après quatre mandats, ne se représente pas. Le choix de ne pas désigner de successeur clair par le camp Fournier a contribué, selon des observateurs, à ouvrir la porte à des tensions internes au sein des Républicains locaux.
En refusant d’anticiper et de nommer un candidat, Fournier a, volontairement ou non, laissé le champ libre à une rivalité fratricide entre deux figures de la droite nîmoise.
Cette rivalité oppose Julien Plantier à Franck Proust, 62 ans, actuel président de Nîmes Métropole et premier adjoint. Ancien député européen et proche du clan Fournier, Franck Proust incarne pour beaucoup la continuité de l’équipe sortante.
Une campagne marquée par la polarisation
Depuis un an, les deux camps se rencontrent davantage dans les médias locaux que sur les terrains d’accord. La période a été jalonnée de petites phrases, de reproches et d’accusations réciproques, qualifiées par certains acteurs locaux de « trahisons » au sein de la majorité.
L’annonce de la liste commune Rouverand–Plantier redessine les alliances et pourrait modifier les équilibres de voix, en particulier dans les quartiers où les électeurs sont sensibles à la recomposition politique nationale.
Sur la place Questel, le public a accueilli la nouvelle avec attention. Les organisateurs ont insisté sur la volonté de rassembler au-delà des étiquettes, tandis que les opposants ont immédiatement relevé la portée symbolique d’une telle union.
Incidences locales et questions ouvertes
Plusieurs questions demeurent désormais au cœur du débat local. Comment cette liste commune va-t-elle structurer son programme municipal ? Quel sera son positionnement face aux propositions portées par les autres candidats ? Et comment les électeurs de droite, traditionnellement attachés aux Républicains, réagiront-ils à cette alliance avec Renaissance ?
Les protagonistes ont rappelé leur volonté d’officialiser une offre alternative, mais ils n’ont, lors de ce rassemblement, pas détaillé l’intégralité de leur projet municipal. Les incertitudes sur les désistements éventuels et sur la composition complète de la liste restent donc présentes.
Enfin, l’absence d’une désignation claire par Jean-Paul Fournier et la montée des tensions internes laissent prévoir une campagne animée. Les prochains mois seront déterminants pour mesurer l’impact concret de cette alliance sur le scrutin municipal.
En l’état, l’annonce du 10 janvier a confirmé que la bataille pour la succession municipale à Nîmes ne se réduit pas à un affrontement classique entre la droite et la gauche, mais inclut désormais des recompositions et des rapprochements inattendus.





