Un soutien officiel venu tardivement
Deux ans et deux mois se sont écoulés entre les faits dénoncés et la prise de parole publique du président du Sénat, Gérard Larcher (Les Républicains). Les faits remontent à novembre 2023, lorsque la députée MoDem de Loire‑Atlantique, Sandrine Josso, affirme avoir été droguée à son insu par l’ancien sénateur de Loire‑Atlantique Joël Guerriau.
Dans une déclaration transmise à l’Agence France‑Presse le samedi 31 janvier 2026, M. Larcher a souhaité exprimer son soutien à la députée : « Au nom du Sénat et en mon nom personnel, je tiens à exprimer mon soutien à l’égard de madame Sandrine Josso, dont nous mesurons la souffrance face à cette épreuve. »
Le président du Sénat a précisé qu’il prendrait contact « dans les prochains jours » avec la députée et qu’il devrait la rencontrer le 11 février 2026.
Une réaction déclenchée par une lettre et une décision de justice
La prise de parole de Gérard Larcher survient après une série d’événements publics qui ont ravivé l’attention sur l’affaire. Le 29 janvier 2026, Sandrine Josso a publié un courrier adressé au président du Sénat pour dénoncer ce qu’elle a qualifié de « silence » de l’institution.
Deux jours plus tôt, l’ancien sénateur Joël Guerriau avait été condamné par le tribunal judiciaire de Paris à quatre ans d’emprisonnement, dont dix‑huit mois ferme, pour avoir drogué la députée en vue de la violer. Le prévenu a fait appel de cette décision et maintient sa thèse de l’accident, selon les éléments communiqués publiquement.
Un malaise institutionnel souligné
Le délai entre les faits présumés, leur mise en lumière judiciaire et la réaction officielle du Sénat a suscité des interrogations. L’ampleur de la réponse publique — et le moment choisi pour l’exprimer — ont été perçus par certains observateurs comme révélateurs d’un malaise au sein de l’institution, contrainte de concilier prudence juridique et impératif de solidarité envers une élue victime.
Les modalités exactes des contacts entre Gérard Larcher et Sandrine Josso n’ont pas été détaillées dans la déclaration, si ce n’est l’annonce d’un entretien prévu le 11 février 2026. La prudence s’explique en partie par les procédures judiciaires en cours, notamment l’appel formé par Joël Guerriau.
Les faits et la procédure
Selon l’accusation retenue par le tribunal, la drogue administrée aurait été utilisée dans l’intention de faciliter une agression sexuelle. La condamnation à quatre ans de prison, dont dix‑huit mois ferme, traduit la gravité des faits aux yeux du tribunal judiciaire de Paris. Le condamné conteste les conclusions et invoque l’accident, argument réaffirmé dans sa procédure d’appel.
La députée, dont la souffrance a été mentionnée explicitement par le président du Sénat, a cherché ces derniers jours à obtenir une réaction institutionnelle par le biais d’un courrier public. Cette démarche a contribué à relancer le débat public sur la manière dont les assemblées parlementaires prennent en charge — ou tardent à prendre en charge — les situations d’élues victimes d’actes criminels.
Enjeux et attentes
Au‑delà du cas individuel, l’affaire pose des questions sur les réponses institutionnelles aux violences subies par des personnalités politiques et sur la coordination entre sphère judiciaire et sphère politique. Les prochaines étapes à suivre comprennent l’appel de la décision et la rencontre annoncée entre le président du Sénat et la députée.
À ce stade, plusieurs éléments sont établis publiquement : la date présumée des faits (novembre 2023), la condamnation prononcée par le tribunal judiciaire de Paris en janvier 2026, l’appel interjeté par le prévenu et la réaction officielle du président du Sénat le 31 janvier 2026. D’autres précisions sur la suite de la procédure judiciaire et sur les échanges institutionnels seront déterminantes pour mesurer l’impact réel de cette affaire sur les pratiques parlementaires.





