Cour des comptes européenne : l’UE trop dépendante de la Chine pour les matières premières critiques, risque pour transition énergétique et autonomie d’ici 2030

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La Cour des comptes européenne alerte (2 février 2026) : l’UE a peu de chances de sécuriser ses approvisionnements en matières premières critiques d’ici 2030. Dépendance marquée à la Chine, délais de développement minier (jusqu’à 20 ans) et capacités internes insuffisantes menacent la transition énergétique et l’autonomie stratégique, malgré des tentatives de diversification internationale.

Un rapport spécial de la Cour des comptes européenne, rendu public le 2 février 2026, met en doute la capacité de l’Union européenne à sécuriser ses approvisionnements en matières premières critiques d’ici 2030. Les auditeurs jugent « peu de chances de mener à une sécurisation de l’approvisionnement de l’UE à l’horizon 2030 », en raison notamment d’une forte dépendance vis‑à‑vis de puissances étrangères et de projets internes difficiles à concrétiser.

Objectifs 2030 et limites de la production intérieure

Le rapport évalue la capacité des 27 États membres à atteindre l’objectif de 42,5 % d’énergie issue de sources renouvelables fixé pour 2030. Les conclusions montrent que, même si les cibles sont ambitieuses, l’exploitation minière et l’exploration nécessaires restent « sous‑développées » au sein de l’UE.

Les auteurs expliquent qu’il peut falloir jusqu’à 20 ans entre la découverte d’un gisement et la mise en service opérationnelle d’un projet minier européen. Ce délai rend « difficile d’imaginer toute contribution concrète d’ici 2030 » pour renforcer l’autonomie des approvisionnements.

Dépendance marquée à l’égard de la Chine et des pays du Sud

Le rapport détaille une dépendance importante de l’UE envers la Chine pour plusieurs matières premières. Selon l’étude, 97 % du magnésium, 71 % du gallium, 44 % du barytés et 31 % du tungstène utilisés en Europe proviennent de la Chine. Par ailleurs, la Chine détient entre 69 % et 77 % de six terres rares importantes pour la fabrication d’aimants utilisés dans des systèmes de verrouillage, des portes de réfrigérateurs et des technologies liées aux énergies renouvelables, comme les éoliennes, les pompes à chaleur et les panneaux solaires.

Le rapport souligne l’enjeu stratégique : « Sans matières premières essentielles, il n’y aura ni transition énergétique, ni compétitivité, ni autonomie stratégique ». Cette mise en garde illustre la vulnérabilité industrielle de l’UE au regard de chaînes d’approvisionnement concentrées.

Keit Pentus‑Rosimannus, membre de la Cour des comptes européenne chargé de l’audit, a résumé la préoccupation centrale du rapport : « Nous sommes aujourd’hui dangereusement dépendants d’une poignée de pays hors UE pour l’approvisionnement de ces matières ». Elle ajoute qu’il est essentiel d’améliorer les performances de l’UE et de réduire cette vulnérabilité.

Actions extérieures et tentatives de diversification

Le document rappelle que l’UE a déjà tenté de réduire sa dépendance. Parmi les initiatives citées figurent des accords sur les minerais stratégiques signés avec 14 pays, dont l’Ukraine et le Canada. Le rapport constate toutefois des résultats contrastés : entre 2020 et 2024, les importations en provenance de certains pays ont diminué pour 13 matières premières stratégiques, tandis qu’elles ont augmenté pour 13 autres minéraux.

La publication du rapport coïncide avec une réunion ministérielle sur les minéraux critiques organisée à Washington par Marco Rubio. Plus de cinquante représentants d’États étaient attendus, dont Stéphane Séjourné, le commissaire européen à l’Industrie. Le département d’État a indiqué que ce rassemblement historique visait à créer une dynamique de collaboration entre partenaires occidentaux.

Selon des informations relayées par Bloomberg, l’UE devrait proposer à Washington de signer un protocole d’accord visant à établir un approvisionnement commun pour ces minerais. Le rapport de la Cour des comptes sert, de fait, de cadre d’évaluation alors que s’intensifient les discussions internationales sur la sécurisation des chaînes d’approvisionnement.

Enjeux pour la transition énergétique et perspectives

Les conclusions mettent en exergue une double contrainte : des délais de développement des projets miniers trop longs et une concentration géographique des capacités d’extraction et de transformation. Ces facteurs complexifient la réalisation, à court terme, d’une autonomie stratégique suffisante pour soutenir la transition énergétique.

Le document insiste sur la nécessité d’accélérer les capacités internes, d’intensifier la coopération internationale et d’encourager des politiques industrielles cohérentes. Sans ces mesures, l’UE risque de rester dépendante d’importations critiques, ce qui pèsera sur sa compétitivité industrielle et sur la capacité à atteindre les objectifs climatiques et énergétiques.

Les données chiffrées et les citations reproduites dans ce texte proviennent directement du rapport spécial rendu public le 2 février 2026 et des communiqués associés.

Parlons Politique

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