Le député socialiste Jérôme Guedj a annoncé, jeudi 5 février, sa candidature à l’élection présidentielle de 2027, en dehors de la primaire dite de la « gauche unitaire ». Lors d’une intervention sur France Inter, il a présenté son projet comme un appel aux valeurs républicaines, laïques et universalistes, en insistant sur la dimension sociale et écologiste de son positionnement politique.
Un positionnement axé sur les valeurs
Jérôme Guedj, 54 ans, a résumé son ambition par une formule qui revient à plusieurs reprises dans son discours public : « porter la voix d’une gauche républicaine, la voix d’une gauche européenne, la voix d’une gauche universaliste, laïque, d’une gauche sociale, écologiste. »
Sur France Inter, il a développé cette ligne en insistant sur la primauté des valeurs : « Je suis le candidat pour porter d’abord cette question des valeurs : on ne transige pas avec la République, on ne transige pas avec la laïcité, avec l’universalisme, on est intransigeant sur les questions de lutte contre le racisme, de lutte contre l’antisémitisme. » Ces propos tracent une volonté explicite de faire de la défense des principes républicains et de la lutte contre les discriminations le cœur de sa campagne.
Il a également affirmé vouloir incarner « le courage de la nuance », expression qui suggère une critique des discours tranchés et des postures radicales. Par cette formule, il cherche à se distinguer sur le plan rhétorique et à proposer une offre politique qui se veut à la fois ferme sur les principes et mesurée dans le ton.
Hors de la primaire « gauche unitaire » : une stratégie assumée
En annonçant sa candidature hors de la primaire de la « gauche unitaire », Jérôme Guedj choisit délibérément une voie indépendante vis-à-vis de ce processus de désignation. Il a par ailleurs qualifié la primaire rassemblant le Parti socialiste et les écologistes de « baroque », formule critique qui reflète un désaccord sur la méthode ou sur le contenu des discussions internes à cette démarche.
Le texte initial rappelle que certains acteurs importants de la gauche ne participeront pas à cette primaire : Raphaël Glucksmann (Place publique), Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise, LFI) et le Parti communiste français (PCF) se sont déclarés absents. Les organisateurs de la primaire avaient, selon le même rappel, annoncé fin janvier que le scrutin se tiendrait le 11 octobre. Ces éléments indiquent que la primaire n’est pas unanimement ralliée par l’ensemble des forces de gauche, ce qui nourrit la décision de Guedj de se présenter en dehors de ce cadre.
Prendre position hors primaire peut répondre à plusieurs logiques : affirmer une identité propre, éviter un processus perçu comme inefficace, ou proposer une alternative politique qui ne soit pas conditionnée par des compromis d’appareil. Dans son intervention radiophonique, Guedj a clairement privilégié la dimension programmatique et symbolique de sa candidature plutôt qu’un alignement sur une étape de sélection collective.
Un discours centré sur la laïcité et la lutte contre les discriminations
Les termes répétés dans son intervention — République, laïcité, universalisme, lutte contre le racisme et l’antisémitisme — structurent son message. En mettant l’accent sur ces notions, il formule une réponse aux débats contemporains sur l’identité républicaine et les tensions sociales.
La répétition et l’insistance sur l’intransigeance face aux discriminations constituent un marqueur fort du discours de campagne annoncé. Ce choix lexical vise à clarifier son positionnement face aux attentes d’une partie de l’électorat de gauche attachée à la laïcité et à la lutte contre toutes les formes de haine.
Cadre médiatique et ton de la campagne
Son annonce formulée sur France Inter traduit une stratégie de visibilité nationale et un recours aux médias traditionnels pour présenter les lignes politiques essentielles. L’expression « courage de la nuance » illustre en outre le ton qu’il souhaite donner : un discours modéré, argumenté, et centré sur les principes plutôt que sur des oppositions frontales.
Le choix de se déclarer dès maintenant pour la présidentielle de 2027 marque le souhait d’installer une parole continue dans le débat public. Sa candidature rejoint le panorama des prises de position précoces souvent observées dans les cycles présidentiels, mais elle se distingue par la volonté affichée de rester hors du cadre de la primaire dite « gauche unitaire ».
Reste à voir, au fil des prochains mois et des réactions des autres formations et candidats, comment cette candidature sera reçue et si elle influencera les équilibres au sein de la gauche. Pour l’heure, Jérôme Guedj pose son ambition en termes de valeurs et de méthode, en privilégiant une offre identifiée comme républicaine, universaliste, sociale et écologiste.





