À un mois et demi du premier tour des élections municipales prévues en mars 2026, Emmanuel Grégoire a rendu public une partie de son programme le jeudi 5 février 2026. Dans un entretien accordé au journal Le Monde, le candidat socialiste à la mairie de Paris — tête d’une liste d’union de la gauche excluant La France insoumise — a placé le logement au centre de ses priorités et a confirmé son intention de ne pas alourdir l’endettement de la Ville.
Un objectif chiffré : 40 % de logements publics à l’horizon 2035
Emmanuel Grégoire résume sa priorité en des termes très clairs : « Mon socle, c’est le droit de vivre à Paris et la première bataille, c’est le logement. Je souhaite atteindre 30 % de logements sociaux à l’horizon 2035, plus 10 % de logements intermédiaires, soit 40 % de logements publics, ce qui représente 60 000 nouveaux logements. »
Le candidat fixe donc un objectif global de 40 % de logements publics à Paris d’ici 2035, ventilé en 30 % de logements sociaux et 10 % de logements intermédiaires, et chiffre l’effort attendu à 60 000 logements supplémentaires. Ces repères chiffrés constituent le cœur de la promesse électorale présentée dans l’extrait publié par Le Monde.
Les leviers évoqués et les limites de l’extrait
Sur les moyens pour atteindre ces objectifs, Emmanuel Grégoire mentionne « trois leviers » : « il reste de la réserve foncière pour en construire quelques milliers, puis il y a surtout les projets de transformation de bureaux en logements. » L’extrait diffusé précise donc deux pistes concrètes — mobilisation de la réserve foncière et conversion de bureaux — mais il ne détaille pas le troisième levier dans le passage cité.
Cette absence de précision oblige à rester prudent : l’annonce présente des orientations et un chiffrage, mais l’extrait ne fournit pas l’ensemble des instruments opérationnels ni le calendrier détaillé de mise en œuvre. De même, le coût précis et la manière dont l’objectif s’articulerait avec les compétences et contraintes locales ne sont pas précisés dans le passage rendu public.
Par ailleurs, Grégoire assure qu’il s’engage à ne pas accroître la dette municipale. Cette contrainte financière annoncée laisse entendre que la production de 60 000 logements devra s’appuyer sur des leviers non fondés sur un endettement supplémentaire important, tels que la mobilisation de foncier public, des partenariats ou des opérations de conversion. Là encore, l’extrait ne fournit pas le détail des mécanismes de financement envisagés.
Un positionnement politique et une rupture de méthode
Le candidat souligne aussi une « rupture de méthode » avec la maire sortante Anne Hidalgo, du Parti socialiste, dont il a été le premier adjoint de 2018 à 2024. En choisissant de mener une liste d’union de la gauche hors de La France insoumise, M. Grégoire marque une volonté d’affirmer une ligne et un style de gouvernance distincts de l’administration sortante.
Cette mise à distance politique s’accompagne d’un discours centré sur des objectifs quantifiés et des priorités thématiques, le logement arrivant en tête. L’extrait consulté met l’accent sur la nécessité de garantir « le droit de vivre à Paris », formule qui traduit la dimension sociale du projet mais qui demande à être précisée dans les mesures concrètes pour être pleinement évaluée.
En l’état, l’annonce publiée le 5 février 2026 par Le Monde donne des repères politiques et chiffrés importants pour la campagne, sans pour autant exposer l’ensemble des modalités techniques et financières requises pour atteindre ces cibles d’ici 2035. Les questions de calendrier, de priorisation des opérations et de modalités de financement restent des éléments à suivre au fil des prochains communiqués de campagne.
Sur le plan journalistique, le propos livré au quotidien permet d’identifier les ambitions et quelques instruments envisagés. Il appelle cependant des compléments d’information pour mesurer la faisabilité et l’impact concret des engagements annoncés.





