Le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) a adressé à l’Etat un document de dix pages dans lequel il demande l’ouverture de négociations portant sur « l’accession de la Nouvelle‑Calédonie à la pleine souveraineté » avant 2027, tout en esquissant la possibilité d’un partenariat continu avec la France.
Les demandes formulées par le FLNKS
Selon ce texte, transmis aux autorités, le mouvement indépendantiste souhaite des discussions directes avec le gouvernement français, sans la présence des partis non‑indépendantistes. Le président du FLNKS, Christian Tein, affirme : « L’Etat fait comme si nous ne proposions rien, mais ce projet d’accord, nous lui avons soumis dès le mois d’avril 2025 ». Le document de dix pages préciserait des contours politiques et institutionnels pour une transition vers la pleine souveraineté, tout en évoquant un possible partenariat avec la France après l’indépendance.
Le FLNKS réclame des entretiens « en tête‑à‑tête » afin d’aborder exclusivement la question de l’accession à la souveraineté. La nature exacte des mécanismes proposés (calendrier, modalités de transfert, garanties pour les populations) n’est pas détaillée dans le résumé fourni par les sources consultées ici.
Chronologie et points de blocage
Plusieurs jalons mentionnés dans le document aident à reconstituer le contexte politique. Le FLNKS dit avoir soumis son projet dès avril 2025. Il renvoie aussi aux discussions dites « de Deva », tenues en Nouvelle‑Calédonie en mai 2025, évoquées par Emmanuel Tjibaou, député et président de l’Union calédonienne (UC), comme une base possible pour la reprise du dialogue avec l’Etat.
Le ministre des outre‑mer de l’époque, Manuel Valls, y avait présenté un statut proposant une « souveraineté partagée avec la France ». Le texte indique que, lors de ces rencontres, ce sont les non‑indépendantistes qui avaient quitté la table, ce qui a contribué aux tensions entre les groupes politiques locaux.
La même source rapporte qu’un « accord complémentaire » à l’accord de Bougival, conclu le 12 juillet 2025, a été signé lors de discussions tenues « mi‑janvier » à Paris. Le FLNKS n’a pas participé à ces dernières négociations et a rejeté l’accord de Bougival. Le document ne précise pas l’année à laquelle se rapporte « mi‑janvier », information qui reste ambiguë dans le résumé transmis.
Conséquences et enjeux politiques
La demande d’un calendrier conduisant à la souveraineté avant 2027 pose des enjeux importants pour la gouvernance, la sécurité juridique et les relations bilatérales entre la Nouvelle‑Calédonie et la France. En réclamant des discussions bilatérales sans les partis non‑indépendantistes, le FLNKS marque sa volonté de négocier un cadre exclusivement axé sur l’indépendance, ce qui pourrait compliquer la recherche d’un compromis consensuel au sein de l’archipel.
Le passage par une « souveraineté partagée » évoquée lors des échanges de Deva illustre la recherche d’un chemin intermédiaire entre maintien du lien avec la France et pleine indépendance. Le document du FLNKS mentionne cependant l’objectif explicite de « pleine souveraineté », ce qui laisse entendre que l’idéal politique du mouvement reste l’indépendance totale.
Les divergences sur la composition des négociations — tête‑à‑tête réclamé par le FLNKS, présence souhaitée des non‑indépendantistes par d’autres acteurs — restent un obstacle tangible au lancement d’un dialogue global et inclusif.
État des lieux et suite attendue
À ce stade, le FLNKS affirme avoir communiqué son projet en avril 2025 et appelle l’Etat à engager des discussions. Du côté de l’exécutif français, aucune prise de position détaillée n’est mentionnée dans le document remis au public via les sources consultées ici. Les événements récents — notamment la signature d’un accord complémentaire à Bougival en « mi‑janvier » à Paris, sans la participation du FLNKS — témoignent d’un processus en l’état fragmenté.
Le calendrier légal et politique pour une éventuelle accession à la souveraineté implique des décisions délicates et une large préparation institutionnelle. Le document de dix pages du FLNKS pose clairement ses priorités et demande des négociations directes ; il appartient désormais aux autorités concernées de répondre à cette requête et de préciser les modalités d’un éventuel dialogue.





