Infertilité : le gouvernement dévoile un plan national — envoi d’un message à 29 ans, facilitation de la congélation d’ovocytes et renfort pour le SOPK

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Le gouvernement a présenté un plan national contre l’infertilité pour mieux informer et renforcer la prise en charge de plus de 3 millions de Français : envoi d’un message d’information à 29 ans dès la fin d’été, facilitation de la congélation d’ovocytes avec extension des centres d’ici 2028, prise en charge renforcée du SOPK et campagne d’information nationale fin 2026. Salué par les associations, le dispositif ouvre aussi des débats éthiques (DPI‑A) et sera piloté par Samir Hamamah et Salomé Berlioux ; budget et modalités restent à préciser.

Promis de longue date par Emmanuel Macron, un plan national contre l’infertilité a été présenté jeudi 5 février par le gouvernement, avec pour objectif de mieux informer et de renforcer la prise en charge d’un problème qui affecte plusieurs millions de Français.

Les mesures phares annoncées

Lors de la présentation, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a affirmé que « les enjeux de l’infertilité ont été analysés dans tous leurs aspects » afin de permettre le « lancement immédiat de mesures concrètes et trop longtemps attendues ». Parmi les annonces, la mesure la plus visible prévoit l’envoi d’un message d’information à tous les Français à l’âge de 29 ans, à compter de la fin de l’été.

La ministre a toutefois insisté sur l’absence de pression : « Le rôle du politique n’est pas de dire s’il faut avoir des enfants ou encore à quel âge : ce qu’il faut éviter, c’est continuer à entendre ‘si j’avais su’. »

Le plan ne se limite pas à la communication. Le ministère entend faciliter l’accès à la congélation des ovocytes, procédure légale depuis la loi de bioéthique de 2021 mais rendue difficile par de longs délais. D’ici à 2028, le gouvernement vise à habiliter « plusieurs dizaines » de nouveaux établissements, en ouvrant ce champ au secteur privé tout en assurant que la procédure restera gratuite et à l’écart d’une « logique marchande ».

Prise en charge des pathologies féminines

Le plan prévoit également une meilleure prise en charge du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), trouble fréquent favorisant l’infertilité et jusqu’ici peu présent dans les discours publics. L’endométriose, déjà visée par un plan gouvernemental antérieur, reste une priorité séparée mais associée aux enjeux de fertilité.

En complément, une campagne d’information nationale sur les enjeux de la reproduction doit être lancée à la fin de 2026 et un site d’information dédié sera mis en ligne prochainement, a indiqué le ministère. Le budget global du plan n’a pas été précisé lors de la présentation.

Réactions des associations et débats éthiques

Chez les patients, l’annonce a été saluée par le collectif BAMP, qui réunit des personnes confrontées à l’infertilité ou engagées dans des démarches de procréation médicalement assistée (PMA). Virginie Rio, présidente du collectif, a déclaré à l’AFP : « On passe dans une nouvelle ère, on n’a jamais été à ce niveau-là de considération des sujets de fertilité et d’infertilité. » Elle a cependant rappelé que ce plan constitue « un point de départ » et qu’il reste « beaucoup de travail » à accomplir.

Parmi les demandes portées par des associations figure l’autorisation du DPI-A, un diagnostic préimplantatoire visant à détecter certaines anomalies embryonnaires avant transfert. Les partisans estiment que cette technique limiterait les échecs de PMA, tandis que ses opposants soulèvent des questions éthiques et le risque de dérive eugéniste, débat que les autorités doivent désormais affronter.

Contexte, calendrier et acteurs

Les racines du plan remontent à 2022, lorsqu’un rapport demandé par le gouvernement avait évalué l’ampleur du problème. Selon ce rapport, l’infertilité concernerait 3,3 millions de Français, une estimation résumée dans les annonces actuelles par la formule « plus de 3 millions ». Jusqu’à présent, peu de mesures concrètes avaient été mises en œuvre, si ce n’est le lancement de programmes de recherche visant à améliorer l’efficacité des PMA, malgré des financements parfois insuffisants.

La direction du ministère de la Santé a connu des variations stratégiques : Catherine Vautrin, en poste l’essentiel de 2024 et 2025, avait privilégié un plan plus large liant vieillissement et natalité, ce qui avait suscité des réserves chez certains spécialistes. Le recentrage sur l’infertilité est désormais assumé par Stéphanie Rist, qui a rappelé que les Français cherchant un enfant « ne passent pas leur temps à voir des graphes sur la démographie ».

Le plan sera piloté par les auteurs du rapport de 2022, le professeur Samir Hamamah et la patiente Salomé Berlioux. Le ministère a aussi indiqué travailler en parallèle sur les enjeux de santé liés à la naissance, pointant des taux de mortalité maternelle et infantile en France supérieurs à ceux observés chez plusieurs voisins européens.

Au total, le dispositif combine communication, extension des capacités de prise en charge et reconnaissance de pathologies longtemps marginalisées dans le débat public. Les annonces ouvrent une phase opérationnelle dont l’application et les modalités devront être précisées dans les prochains mois.

Parlons Politique

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