En décembre 2025, lors de l’inauguration de Verkor, la première gigafactory appelée à structurer ce que ses promoteurs présentent comme « la vallée dunkerquoise de la batterie électrique », Patrice Vergriete affichait une satisfaction visible. Le maire de Dunkerque (Nord) circulait avec aisance parmi les invités : représentants du monde économique, élus locaux et personnalités politiques. Autour de lui, le ton montrait l’aboutissement d’un projet pensé pour ancrer sur ce territoire une industrie d’avenir.
Un écosystème transpartisan
La scène décrite ce jour-là illustre ce que Vergriete a construit au fil de ses mandats : un réseau mêlant acteurs publics et privés, parfois de bords politiques différents, rassemblés autour d’un objectif commun. L’expression « transpartisan » revient régulièrement pour qualifier cette capacité à fédérer industriels, agences de développement et collectivités autour d’investissements structurants, comme la gigafactory de Verkor.
Selon les personnes présentes, ce modèle vise à accélérer la transformation d’un bassin industriel ancien en pôle d’activités liées à la mobilité électrique. Les promoteurs du projet évoquent une logique de filière : implantation d’usines, création d’emplois industriels qualifiés et interactions avec la recherche et la formation locales. Dans les discours officiels, l’accent a été mis sur la coopération régionale et sur la nécessité d’attirer des investissements privés tout en mobilisant les moyens publics.
Parcours politique et ancrage local
Le parcours personnel et politique de Patrice Vergriete est fréquemment rappelé pour expliquer son influence. Originaire du territoire, il souligne lui‑même les tensions sociales et économiques que la ville a traversées avant la période de reconversion : « Dunkerque était l’agglomération française qui perdait le plus d’habitants, nous enchaînions les fermetures d’usines et le taux de vacance commerciale en centre‑ville était énorme », déclare-t-il en évoquant le diagnostic qui a motivé ses actions.
Sur le plan politique, le texte de référence indique qu’en 1995 il avait rejoint la majorité socialiste conduite par l’ancien ministre Michel Delebarre. En 2013, il a quitté cette majorité et, l’année suivante, s’est présenté contre son ancien mentor. Il emporte alors la direction de l’agglomération à la tête d’une coalition de centre‑gauche. Il est indiqué qu’il a été réélu en 2020 dès le premier tour, avec 64 % des voix.
Transformer un territoire marqué par la désindustrialisation
La trajectoire de Dunkerque, telle que la présente le maire et ses soutiens, se lit comme une tentative de réponse locale à la désindustrialisation. Le constat avancé — pertes de population, fermetures d’usines, vacance commerciale importante en centre‑ville — sert de point de départ à une stratégie centrée sur la reconversion productive et la diversification économique.
La gigafactory Verkor y est présentée comme un symbole et un levier : symbole parce qu’elle matérialise l’arrivée d’une industrie nouvelle, levier parce qu’elle est censée dynamiser les sous‑filières, les emplois et les formations locales. Les intervenants insistent sur l’effet d’entraînement attendu, sans pour autant fournir dans le texte d’estimation chiffrée exhaustive des emplois générés à court ou moyen terme.
Les discours officiels et les images de l’inauguration montrent un territoire cherchant à conjuguer mémoire industrielle et projection vers des secteurs porteurs. Reste la question, implicite dans plusieurs échanges, de la durabilité de cette reconversion et de la capacité des acteurs locaux à maintenir des emplois pérennes et des chaînes d’approvisionnement robustes au-delà de la phase d’implantation.
Sans pronostics, le récit rapporté ici met en lumière une stratégie locale fondée sur la coopération interinstitutionnelle et sur l’attractivité industrielle. L’inauguration de décembre 2025 constitue pour ses promoteurs une étape symbolique de cette stratégie, inscrite dans un parcours politique qui a vu Patrice Vergriete se détacher d’une ancienne majorité, construire une coalition et recueillir un large soutien électoral lors de son second renouvellement en 2020.





