Jusqu’où peut se prolonger la perte de confiance envers les institutions politiques en France ? Les indicateurs publiés par la 17e vague du baromètre réalisé par OpinionWay pour le Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof) font apparaître un tassement profond et généralisé de la confiance citoyenne.
Des chiffres qui traduisent une défiance généralisée
Selon cette enquête, seuls 22 % des personnes interrogées en France déclarent avoir confiance dans la politique. À titre de comparaison, les taux s’élèvent à 45 % en Allemagne, 44 % au Royaume‑Uni et 40 % en Italie selon les mêmes relevés cités dans l’étude.
Parallèlement, seulement 23 % des sondés estiment que la démocratie fonctionne correctement dans le pays. Ces valeurs témoignent, pour les auteurs du baromètre, d’un état d’anomie politique — c’est‑à‑dire d’une forme de désaffiliation et de détachement vis‑à‑vis des règles et des institutions démocratiques.
Un effondrement de la confiance au sein du Parlement
La défiance se concentre également sur l’Assemblée nationale : la confiance moyenne y est mesurée à 20 %, le niveau le plus bas enregistré depuis la création de l’enquête en 2009. Ce pourcentage ne dépasse pas 29 % parmi les cadres et les professions supérieures diplômées, groupes qui sont traditionnellement plus favorables aux institutions politiques.
Le recul est notable dans la dynamique récente : la confiance dans l’Assemblée nationale baisse de quatre points par rapport à 2025 et de neuf points par rapport à 2024, d’après les séries chronologiques rapportées par le baromètre. Ces glissements successifs confirment une tendance de fond plutôt qu’un simple mouvement conjoncturel.
Réformes procédurales : solutions insuffisantes?
Face à ce constat, l’article d’origine souligne que le débat ne saurait se limiter aux seules réformes procédurales — proportionnelle, cumul des mandats, ou autres ajustements institutionnels — comme si ces mesures suffisaient à « réenchanter » le rapport des citoyens à la politique. Le propos invite à nuancer l’idée d’une simple correction technique : la migration des opinions publiques semble plus profonde et touche la légitimité même des acteurs et des institutions.
La perspective d’une « réinvention parlementaire » de la Vᵉ République est, selon l’analyse reprise, remise en cause par les données actuelles : la défiance envers l’Assemblée et le faible niveau de confiance global rendent peu crédible l’hypothèse d’un regain de légitimité spontané lié à des changements de méthode parlementaire.
Enjeux démocratiques et horizon 2027
La dégradation mesurée pose une question politique centrale : notre capacité collective à construire un avenir démocratique partagé est fragilisée. L’article originel alerte sur le fait que cet affaissement des fondements de la légitimité démocratique ouvre la voie à des scénarios préoccupants à l’approche de 2027, sans toutefois détailler lesquels.
Il s’agit donc d’un signal d’alarme pour les acteurs politiques et civiques. La reconstruction de la confiance demande, au‑delà des réformes institutionnelles, des réponses qui s’attaquent aux causes profondes de la désaffiliation : qualité de la représentation, transparence des décisions, capacité des institutions à répondre aux attentes sociales et économiques.
Les chiffres cités — 22 % de confiance dans la politique, 23 % estimant que la démocratie fonctionne et 20 % de confiance dans l’Assemblée nationale — constituent des repères clairs pour mesurer l’ampleur du défi. Ils appellent une réflexion à la fois stratégique et technique sur les leviers susceptibles de restaurer de la crédibilité et du lien entre les citoyens et leurs institutions.
Sans éléments supplémentaires ou analyses complémentaires fournis dans l’article initial, il convient de rester prudent quant aux solutions proposées : le diagnostic chiffré invite d’abord à reconnaître l’ampleur du phénomène avant d’envisager les réponses politiques appropriées.





