Le fisc saisit la justice après une tiktokeuse qui a diffusé et enregistré des échanges avec des agents du Nord : menaces, SignalFip et mobilisation syndicale

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Des agents des finances publiques du Nord se disent visés et menacés après la diffusion sur TikTok d’extraits d’appels les mettant en scène. Témoignages sur SignalFip, commentaires violents et mobilisation syndicale ont poussé la DGFiP à saisir la justice.

Des agents des finances publiques du Nord disent se sentir visés et menacés après la diffusion, sur le réseau social TikTok, d’extraits d’appels téléphoniques les mettant en scène. Les témoignages, recueillis sur la plateforme interne SignalFip de la direction générale des finances publiques (DGFiP) entre fin décembre 2025 et mi‑janvier 2026, décrivent une atmosphère de travail profondément affectée par ces publications et par les réactions qu’elles ont suscitées en ligne.

Les faits rapportés et les réactions internes

À l’origine de la polémique, plusieurs vidéos publiées par une influenceuse qui relate ses difficultés fiscales tout en diffusant des enregistrements d’échanges téléphoniques avec des agents du service des impôts des particuliers de Roubaix et du pôle de recouvrement spécialisé du Nord.

Ces publications ont entraîné des réactions vives au sein de l’administration. Selon le syndicat Force ouvrière‑DGFiP, qui a alerté dans un communiqué daté du 20 janvier 2026, la personne a enregistré « à leur insu nos collègues » et commente « acerbement les réponses qui lui sont fournies ». Le syndicat ajoute que certaines vidéos ont été vues « pour certaines près de 400 000 fois », et qu’elles génèrent « nombre de commentaires, au minimum désobligeants et d’autres appelant à la violence ».

Des agents inquiétés, des témoignages frappants

Plusieurs agents ont fait part de leur malaise sur SignalFip. L’un d’eux dit: « Je ressens désormais un sentiment d’insécurité en répondant au téléphone ». Un autre ajoute: « J’ai récemment rejoint la fonction publique, j’apprends encore et cet événement m’a mis vraiment au plus mal. Le fait que l’on se moque publiquement de mon travail me fait très peur ».

Ces témoignages décrivent un effet psychologique direct sur des agents au contact du public et mettent en lumière les conséquences professionnelles et humaines de la diffusion d’enregistrements privés. Le sujet a pris suffisamment d’ampleur pour que l’administration décide de saisir la justice, selon le contexte rapporté.

Contenu des vidéos et nature des commentaires en ligne

La vidéo à l’origine d’une partie des réactions a été publiée le 22 décembre 2025. Dans cette séquence, l’influenceuse se plaint du retard pris par l’administration fiscale pour lui accorder un dégrèvement d’impôt à la suite du placement en liquidation judiciaire de sa microentreprise. Dans l’extrait, elle formule son mécontentement en évoquant la lenteur de la procédure.

Les commentaires sous ces publications illustrent la virulence de la réaction de certains internautes. Une personne suggère d’utiliser « une allumette » et « de l’essence », une autre commente: « On est en 2026, faut innover », et un internaute écrit qu’il « aurai[t] brûlé le centre », accompagnant son propos d’un emoji représentant un visage pleurant de rire. Ces propos, rapportés tels quels, ont été mis en avant par le syndicat pour illustrer le climat hostile généré par la diffusion des vidéos.

Conséquences et questionnements

La diffusion publique d’échanges professionnels et les réactions qu’elle suscite posent plusieurs questions pour la DGFiP et pour les services concernés. Les agents évoquent une perte de confiance, un sentiment d’insécurité et une remise en cause de la relation de travail au téléphone, outil quotidien de la relation usager‑administration.

Sur le plan institutionnel, le signalement aux autorités judiciaires témoigne d’une volonté de l’administration de faire valoir ses droits et de protéger ses agents. Le syndicat a, de son côté, souligné l’atteinte à la dignité et au respect des collègues enregistrés à leur insu.

Sans jugement sur l’affaire elle‑même, les éléments rapportés — enregistrements diffusés, commentaires violents et mobilisation interne — montrent l’impact tangible des usages des réseaux sociaux sur le travail public et sur la sécurité perçue des agents.

La situation reste suivie par les instances concernées; la procédure judiciaire engagée et les suites administratives devraient préciser les responsabilités et les mesures retenues. En attendant, plusieurs agents font état d’une inquiétude durable quant à leur exposition lors d’échanges téléphoniques avec des usagers.

Parlons Politique

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