La pétition lancée sur le site de l’Assemblée nationale a rapidement pris une ampleur nationale. Selon le texte d’origine, Eléonore Pattery, une étudiante de 23 ans, aurait déposé cette initiative le 10 juillet 2025 ; elle a réuni plus de 2 millions de signatures en moins de trois semaines.
Ce succès populaire a conduit la commission des affaires économiques à programmer une nouvelle discussion en séance publique, indiquée pour le 11 février dans l’Hémicycle. Le texte précise que cet exercice serait « une première dans l’histoire de la Ve République ». Le calendrier exact (année) de cette séance n’est toutefois pas précisé dans l’article initial.
Portée politique et limites procédurales
Malgré l’ampleur des signatures, la portée juridique de cette discussion apparaît limitée. La procédure parlementaire évoquée dans le texte ne prévoit ni nouvel vote ni possibilité de modifier la loi Duplomb, dite « visant à lever les contraintes au métier d’agriculteur », présentée comme promulguée le 12 août 2025.
Pour certains observateurs, cette absence d’effet contraignant transforme l’exercice en geste symbolique. Le politiste Simon Persico estime que « l’exercice s’apparente à un tour de piste assez symbolique », ajoutant qu’il « risque de susciter du désenchantement », au même titre que d’autres dispositifs participatifs passés, dont le grand débat national de 2019, qui n’ont, selon lui, pas été suivis d’effets.
Sur le plan politique, la situation laisse donc deux dynamiques en tension : une mobilisation citoyenne de grande ampleur et, en face, un cadre institutionnel qui limite la traduction immédiate de cette mobilisation en changement législatif.
Origines historiques et statut de la pétition
Le recours à la pétition n’est pas une nouveauté : l’article rappelle ses racines anciennes, évoquant sa présence dès l’Antiquité et sous l’Ancien Régime, où elle fonctionnait principalement comme une plainte. En Angleterre, elle est reconnue comme droit dès 1689, mais au service d’intérêts privés selon le texte.
La période révolutionnaire a, selon le politiste Antoine Gonthier — auteur d’une thèse sur le sujet —, consacré la pétition comme « un droit politique opposable ». Le principe, écrit l’article, est devenu un moyen pour les citoyens d’intervenir directement dans les affaires publiques, à la condition que l’initiative soit motivée par l’intérêt général et non par des intérêts personnels.
Au cours de cette période, la pétition est décrite comme un complément aux droits politiques existants : voter, se présenter aux élections, ou militer au sein d’un parti. Elle vient ainsi donner une traduction concrète à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, qui indique que les citoyens peuvent concourir « personnellement ou par leurs représentants » à la formation des lois. Le principe figure aussi dans la Constitution de 1791 et la Déclaration des droits de l’homme de 1793, rappelle le texte.
Entre symbolique et attente citoyenne
Le cas présenté illustre la tension récurrente entre formes modernes de mobilisation numérique et architecture institutionnelle traditionnelle. Une pétition en ligne peut désormais atteindre en quelques jours un nombre impressionnant de signataires ; en revanche, la conversion de cette force numérique en décision législative reste encadrée.
Le contraste entre l’ampleur médiatique et citoyenne de la mobilisation et la portée strictement consultative de la démarche parlementaire nourrit des critiques sur l’efficacité des dispositifs participatifs. Selon le politiste cité, ces consultations peuvent susciter du désenchantement si elles ne débouchent pas sur des réponses tangibles.
Le texte d’origine met en lumière ces enjeux sans détailler les suites possibles après la discussion parlementaire programmée, ni le calendrier précis de mise en œuvre d’éventuelles propositions. Il signale par ailleurs, de façon implicite, une discordance chronologique : la pétition aurait commencé le 10 juillet 2025 tandis que la loi Duplomb est dite promulguée le 12 août 2025, ce qui place la promulgation après le lancement de la pétition selon les dates fournies.
En l’état, la dynamique reste donc d’abord politique et symbolique. Elle témoigne de la capacité d’initiatives citoyennes à générer un écho national, tout en rappelant les limites procédurales qui pèsent sur leur traduction immédiate en décisions publiques.





