Municipales 2026 à Saint-Étienne : la gauche tente la reconquête après la condamnation de Gaël Perdriau, Régis Juanico en campagne malgré la désaffection

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À Saint-Étienne, la campagne municipale peine entre pluie et désaffection : Régis Juanico (gauche, hors LFI) arpente marchés et réunions malgré des militants clairsemés. En toile de fond, la condamnation en 2025 de l’ancien maire Gaël Perdriau — cinq ans de prison et d’inéligibilité pour chantage, association de malfaiteurs et détournement de fonds publics — continue de structurer le débat local et d’influer sur les choix des électeurs. Un scrutin marqué par la persévérance des équipes face à une lourde ombre judiciaire.

La pluie tombe sans relâche dans le centre-ville de Saint-Étienne. Les façades luisent, les rideaux de fer sont baissés et les tags, éclaircis par le temps, peinent à donner de la couleur aux trottoirs désertés.

Régis Juanico, candidat de la gauche (hors La France insoumise, LFI) à la mairie, s’efforce pourtant de gagner un marché où l’attend une poignée de militants frigorifiés. À 11 h 45, les commerçants replient leurs étals. « Pas la peine de s’acharner », constate un membre de l’équipe : les Stéphanois sont restés chez eux. De retour au local de campagne, on repère un jeune volontaire étendant des tracts sur une grande table, tandis que Juanico, ancien député de la Loire (2007-2022), affiche une certaine assurance.

Une campagne ralentie par le temps et le contexte

Le tableau météorologique se superpose à un contexte politique tendu. Les équipes de campagne multiplient les déplacements, mais la fréquentation des rendez-vous publics est irrégulière et souvent clairesemée. Dans ce microcosme, chaque poignée de sympathisants compte et les images de militants trempés font partie des aléas d’une campagne de terrain.

Le choix du rendez-vous au marché, habituellement lieu d’échange privilégié avec les habitants, n’a pas suffi à inverser la tendance ce jour-là. Dans le local, l’atmosphère demeure raisonnablement posée : distribution de tracts, rappels d’horaires et conversations de stratégie locale. Juanico, qui a représenté la Loire à l’Assemblée nationale de 2007 à 2022, mise sur ces rencontres de proximité malgré l’adversité du moment.

Les séquelles d’une affaire judiciaire lourde

À l’échelle de la ville, le nom de l’ancien maire Gaël Perdriau continue de peser. Saint-Étienne compte environ 173 000 habitants ; selon les équipes présentes sur le terrain, une majorité d’entre eux ne semble pas regretter l’ancien édile, également ancien membre des Républicains (LR).

Élu en 2014, Gaël Perdriau a été démis de ses fonctions le 1er décembre 2025, à la suite d’une condamnation à cinq ans de prison et cinq ans d’inéligibilité pour « chantage », « association de malfaiteurs » et « détournement de fonds publics ». Il est incarcéré depuis le 7 janvier. Le jugement, lourdement sanctionnant le principal condamné, a été qualifié par certains observateurs de l’une des peines les plus sévères jamais prononcées à l’encontre d’un maire en exercice sous la Ve République.

Le dossier, marqué par des épisodes de déstabilisation au sommet de la municipalité, implique un chantage à la sextape qui aurait visé l’ancien premier adjoint, Gilles Artigues. L’hôtel de ville, selon les termes employés dans les actes judiciaires, fut pendant plusieurs années le théâtre de ce qui a été qualifié de « sordide chantage ». Pour sa part, le maire condamné a fait appel de la décision judiciaire, procédure qui suspend ou prolonge les effets de la condamnation selon les modalités prévues par la loi et les instances compétentes.

Sur le terrain, cette affaire pèse sur la campagne municipale. Elle structure le débat local, influe sur les perceptions et contraint les candidats à se positionner par rapport à l’intégrité de la gestion municipale. Les conséquences administratives et politiques de ces événements restent en cours d’examen et d’exécution, alors que la vie quotidienne des Stéphanois poursuit son cours.

Les instants vus ce jour-là — marchés désertés, militants au ralenti, tracts séchant sur une table de réunion — résument le mélange d’ordinaire et d’exceptionnel qui caractérise cette période électorale à Saint-Étienne. À défaut d’enthousiasme massif, les équipes poursuivent leurs efforts, conscientes que la campagne se joue autant sur la persévérance que sur les circonstances extérieures.

Parlons Politique

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