La bévue est attribuée à Olivier Faure. Samedi 24 janvier, à Tours, le premier secrétaire du Parti socialiste (PS) s’est présenté aux côtés de la cheffe des Écologistes, Marine Tondelier, et des ex-« insoumis » Clémentine Autain, Alexis Corbière et François Ruffin pour annoncer la date d’une primaire commune.
Dans un geste qui a surpris l’assemblée, M. Faure a déclaré: «S’il y a demain des gens qui disent : “Bon, au fond, on est tous d’accord pour que ce soit François Hollande”, très bien, ce sera François Hollande.» La phrase, lancée comme une boutade assumée, a immédiatement modifié l’ambiance.
Le visage de ses partenaires politiques s’est fermé. Marine Tondelier a légèrement secoué la tête pour signifier son désaccord, Clémentine Autain a cherché à se retirer de la scène, Alexis Corbière a affiché un rire forcé et François Ruffin une moue empêchée. Ces réactions ont rendu visible l’embarras collectif.
Une scène révélatrice
La séquence illustre, selon les témoins, l’ambivalence qui entoure la figure de François Hollande au sein de la gauche. L’ancien président, qui a repris un siège de député de la Corrèze en 2024, est décrit comme persona non grata par une partie de son camp. Il lui est reproché d’avoir affaibli l’espace politique socialiste, une critique largement entendue dans les milieux progressistes.
Toutefois, la possibilité d’une candidature de M. Hollande pour 2027, longtemps tournée en dérision, gagne peu à peu en réalité politique. Cette évolution tient, pour les observateurs sur place, au flou dans lequel se trouve aujourd’hui l’ensemble de la gauche: hésitations sur la tenue et la portée d’une primaire, divisions entre formations, et incertitudes sur les chefs de file possibles.
Contexte et hésitations à gauche
La fragile recomposition du paysage progressiste alimente les questionnements. L’article original souligne notamment les doutes entourant Raphaël Glucksmann, dont une émission sur LCI en décembre 2025 a été jugée insatisfaisante par certains. Cette séquence médiatique, associée à une réserve supposée sur les questions budgétaires, a pesé, selon le texte, sur la perception publique de sa capacité à rassembler.
Ces éléments contribuent, pour une partie de l’électorat et des responsables, à rouvrir la porte à des candidatures inattendues ou à des candidatures d’expérience. Le propos d’Olivier Faure, qu’il ait été ironique ou stratégique, a mis à nu ce jeu d’équilibres fragiles.
Sur le plan politique, la scène de Tours montre aussi la difficulté des accords interpartis. Rassembler des forces aux trajectoires récentes et aux lignes sometimes opposées impose des concessions et un langage commun difficile à tenir publiquement. Les réactions visibles des représentants présents traduisent ce désaccord de fond.
Ce que dit la scène sur la stratégie du PS
Pour le Parti socialiste, la tentative d’embarquer d’autres familles politiques autour d’une primaire vise à créer un front suffisamment large face aux échéances nationales. La formule choisie par M. Faure — évoquer frontalement le nom d’un ancien président — peut être lue comme une manœuvre destinée à sonder les réactions ou à normaliser l’idée d’un retour possible.
Cependant, la tonalité des réactions laisse entendre que cette normalisation rencontre des limites : la gauche reste divisée sur les personnalités et sur les lignes politiques à défendre. Les échanges de Tours montrent que la discussion sur la méthode (primaire ou alliance) et sur les personnes demeure loin d’être tranchée.
En l’état, la déclaration d’Olivier Faure a surtout servi à cristalliser des désaccords déjà présents. Elle n’apporte pas de solution aux interrogations politiques qui structurent la gauche, mais elle éclaire, de manière nette, les tensions internes et les marges de manœuvre réduites des dirigeants.
Reste que, comme le suggère le récit de la scène, le rapport de forces et les perceptions publiques évolueront avec les prochains rendez‑vous politiques. Dans cet environnement incertain, chaque formule et chaque apparition médiatique peuvent modifier l’équilibre des perceptions, parfois de façon imprévue.





