« Battu, mais pas abattu. Et je resterai toujours debout. » Le soir de sa défaite, dès le premier tour des élections législatives anticipées, le 30 juin 2024, Fabien Roussel paraît sonné mais ferme. « J’ai vu les résultats des premiers bureaux de vote à Saint‑Amand‑les‑Eaux, j’ai compris tout de suite », raconte-t‑il, se remémorant l’instant où le verdict est tombé pour le député sortant et secrétaire national du Parti communiste français (PCF).
La chute d’un bastion communiste
Dans la 20e circonscription du Nord, fief communiste depuis 1962, la défaite a le goût d’un paysage politique qui change. Pendant des décennies, les victoires paraissaient presque acquises ; la domination communiste y était un fait inscrit dans la mémoire locale. Pourtant, c’est le jeune candidat du Rassemblement national (RN), Guillaume Florquin, qui a emporté la victoire et fait tomber ce bastion.
La surprise tient autant à la longévité du siège qu’à la dynamique de l’élection : un vote considéré comme historique pour la circonscription, où le rapport de force a basculé en faveur d’un parti jusque‑là exclu du leadership local. La victoire de M. Florquin modifie la lecture du territoire, jusque‑alors associée à une culture syndicale et militante bien ancrée.
Saint‑Amand‑les‑Eaux, entre industrie et thermalisme
Au cœur de la circonscription, Saint‑Amand‑les‑Eaux apparaît comme une ville moyenne marquée par son passé industriel. La commune a longtemps vécu de l’activité minière des environs, d’un petit tissu d’industries métallurgiques et verrières, et d’un monde ouvrier organisé.
Ce contexte a façonné un paysage social et politique favorable aux organisations de gauche. La ville conserve par ailleurs une singularité : des sources d’eau minérale et des thermes, qui en font un centre local de commerce et de soins thermaux. Ces éléments expliquent en partie l’enracinement historique des forces communistes dans la vie municipale.
Un parcours politique et une passation locale
Fabien Roussel siège à Saint‑Amand‑les‑Eaux depuis 2014, au sein de l’équipe d’Alain Bocquet, qui a dirigé la ville pendant trente ans. Alain Bocquet fut aussi député PCF sans discontinuer pendant trente‑neuf ans, une longévité qui a structuré la représentation politique locale et nationale.
En janvier 2025, Alain Bocquet a choisi de raccrocher l’écharpe tricolore et de céder la mairie à Fabien Roussel. Il attribue sa décision à des raisons d’âge, signalées dans l’article original (il avait 79 ans). Cette passation, intervenue quinze mois avant les municipales, a offert à M. Roussel un marchepied politique important, et l’a positionné comme successeur adoubé par son prédécesseur.
Conséquences et perspectives
La défaite de juin 2024 pose plusieurs questions pour la vie politique locale : comment les forces de gauche vont‑elles se réorganiser après la perte d’un fief historique ? Quelle place prendra désormais le RN dans la représentation territoriale et dans les décisions locales affectant l’économie et les services ?
Fabien Roussel, malgré sa défaite au scrutin législatif, reste un acteur politique visible, avec un ancrage municipal renforcé par la prise de fonction à la mairie. Sa déclaration — « Battu, mais pas abattu. Et je resterai toujours debout » — traduit une volonté de continuer à peser dans le débat public et de reconstruire des appuis.
Les éléments de contexte fournis — dates, âges et durées de mandats — permettent de comprendre l’ampleur symbolique de ce basculement. La victoire de Guillaume Florquin et la montée du RN dans cette circonscription rompent une continuité politique de plus de six décennies, tout en renvoyant la scène locale à de nouvelles équations électorales.
Aucune donnée chiffrée supplémentaire n’est fournie dans le texte original concernant les modalités du scrutin (pourcentages, nombre de voix), ni de lien externe. Les faits présentés ici se limitent à ceux contenus dans l’article de départ, afin de préserver la précision et d’éviter toute extrapolation non sourcée.





