Valérie Pécresse (Les Républicains), présidente de la région Île-de-France, a appelé à l’organisation d’une primaire de la droite et du centre « dès le lendemain des municipales », dans une interview accordée au Parisien samedi 14 février. Elle motive cette demande par la volonté de tirer les leçons, selon elle non retenues, de la primaire et de la campagne présidentielle de 2022.
Un calendrier jugé déterminant
Pour l’ancienne candidate LR, organiser une primaire à l’automne, comme cela avait été le cas en 2022, serait une erreur. « Imaginer faire une primaire à l’automne prochain, comme en 2022, serait une faute majeure parce qu’on ne s’improvise pas candidat à la présidentielle en trois mois », a-t-elle déclaré, soulignant la nécessité d’un temps de préparation plus long et structuré.
Elle décrit comme « idéal » un calendrier qui verrait la primaire s’enclencher immédiatement après les municipales, avec une « date butoir avant l’été ». L’objectif affiché est de dégager rapidement un candidat capable de mener une campagne nationale solide, tout en offrant au camp de centre-droit le temps de rassembler idées et structures.
Ouverture et conditions : la charte des valeurs
Pécresse plaide pour une primaire « la plus ouverte possible, car c’est ce qui donne un élan populaire ». Néanmoins, elle pose des conditions : les candidats devraient signer une « charte des valeurs de la droite et du centre ». Cette charte, selon elle, inclurait notamment le refus d’une alliance avec l’extrême droite et l’engagement de se rallier derrière le candidat victorieux.
La proposition vise à concilier ouverture démocratique et préservation d’un cadre politique précis. Elle répond à une préoccupation récurrente au sein de la droite : comment rassembler sans diluer des positions jugées fondamentales par une partie des cadres du parti.
Désaccords internes et exclusions ciblées
Sur la participation éventuelle de Sarah Knafo à une telle primaire, Valérie Pécresse se dit opposée. Elle rappelle que l’eurodéputée de Reconquête « siège au Parlement européen avec l’extrême droite allemande », ce qui, selon Pécresse, pose un problème de compatibilité politique avec la charte qu’elle propose.
Ce positionnement la place en désaccord avec certains dirigeants LR. Le chef des députés LR, Laurent Wauquiez, a exprimé un point de vue différent sur la participation de Knafo, signe que la question de l’ouverture reste contestée au sein du parti.
Pressions politiques et réactions externes
Interrogée sur le refus d’Édouard Philippe de participer à une primaire, Valérie Pécresse anticipe « une pression politique forte ». Elle a ajouté : « Quand on veut se présenter à la fonction suprême, on ne craint pas une primaire ouverte. » Cette remarque vise à souligner, selon elle, que la primaire doit rester un mécanisme de clarification et d’épreuve démocratique pour les prétendants.
Enfin, concernant l’annonce récente de la candidature de Bruno Retailleau pour 2027, qualifiée de « jeudi » dans l’entretien, Mme Pécresse a jugé cette démarche comme une « clarification utile ». Elle estime que cette candidature permettra d’« enclencher une réflexion indispensable sur (…) le processus de sélection du candidat de la droite et du centre ».
Valérie Pécresse se présente ainsi comme une voix plaidant pour l’organisation rapide d’un processus sélectif et encadré. Elle insiste sur l’importance de tirer des enseignements de 2022 — elle rappelle être « bien placée pour en parler », ayant obtenu 4,78 % des voix lors de la dernière présidentielle — et sur la nécessité d’un cadre garantissant la cohésion et la lisibilité du camp de la droite et du centre.




