Classification politique et accusations d’antisémitisme
Emmanuel Macron a qualifié La France insoumise (LFI) d’un mouvement « à l’extrême gauche » lors d’un entretien accordé vendredi midi à Radio J, entretien diffusé dimanche 15 février. Le chef de l’État a affirmé : « Je crois qu’il n’y a pas tellement de mystère pour dire qu’ils sont à l’extrême gauche. »
Cette qualification correspond, selon lui, à une catégorisation récemment établie par le ministère de l’Intérieur, que LFI conteste. Le président a ajouté qu’il constatait, « dans les positions qu’ils prennent, en particulier sur l’antisémitisme, » des attitudes qui, selon lui, « contreviennent à des principes fondamentaux de la République. »
Sur la question des manifestations de haine, M. Macron a insisté : « Il y a clairement des expressions antisémites qui émergent, qui doivent être combattues, d’où qu’elles soient. » Il a précisé que le phénomène n’était pas circonscrit à LFI en citant le Rassemblement national (RN) : « il y a également des parlementaires, qui, de la même manière, ont des expressions, défendent des idées contraires aux principes républicains. »
Mesures proposées et calendrier annoncé
À l’occasion d’un hommage rendu à Ilan Halimi, jeune juif séquestré et torturé à mort en 2006, Emmanuel Macron a dénoncé « l’hydre antisémite » et plaidé pour une sanction pénale spécifique à l’égard d’élus auteurs « d’actes et de propos antisémites, racistes et discriminatoires. » Il a formulé la proposition d’une « peine d’inéligibilité obligatoire. »
Le président a indiqué que « le gouvernement va présenter un tel texte » et s’est dit confiant qu’il puisse être voté au Parlement et entrer en application « avant 2027. » Ces annonces montrent la volonté de traduire politiquement la condamnation de l’antisémitisme chez des responsables publics.
Application des règles pénales et cas récents
Interrogé sur la plainte déposée contre Rima Hassan, eurodéputée LFI, par le quotidien Le Parisien à la suite d’un message publié sur X visant l’un de ses journalistes, Emmanuel Macron a rappelé l’existence de « circulaires pénales qui ont été prises par le garde des sceaux (…) pour lutter contre toutes les formes d’antisémitisme et tous les propos antisémites. »
Il a ajouté, sans détailler les procédures, que ces circulaires « seront appliquées. » Cette formulation indique l’intention d’utiliser les leviers judiciaires et administratifs existants pour sanctionner des propos considérés comme antisémites.
Médias internationaux et mise en garde sur l’unité nationale
Questionné sur la chaîne d’information Al-Jazira, établie au Qatar, et sur une éventuelle responsabilité éditoriale dans la diffusion de contenus antisémites, le président a refusé de procéder à une « stigmatisation. » Il a toutefois estimé que « très clairement des contenus qui sont relayés, en ligne ou par des chaînes, (…) sous couvert de couvrir l’actualité internationale, alimentent, exacerbent la haine des juifs et créent la fracture dans notre société. »
Ces propos traduisent une préoccupation sur l’impact des médias, tant traditionnels que numériques, dans la diffusion de discours susceptibles d’attiser les tensions communautaires.
État de droit et réponses politiques
Sur le plan institutionnel, Emmanuel Macron a mis en garde contre des réactions qui porteraient atteinte aux garanties constitutionnelles. Il a appelé à « faire très attention à l’État de droit » et à « ne pas mettre en l’air [la] Constitution », en répondant aux critiques récentes visant l’action publique.
Invité à réagir aux propos de Bruno Retailleau concernant de supposées « dérives de l’État de droit », le président a déclaré ne pas avoir « écouté » ces interventions mais a souligné que « les problèmes actuels peuvent être traités en respectant les contre-pouvoirs, et qu’on doit même le faire. » Il a insisté sur la nécessité d’agir sans donner « le sentiment aux Français que leurs problèmes viendraient de là. »
Enfin, M. Macron a rappelé que, si certains changements peuvent nécessiter d’amender des règles, « il faut faire très attention à l’État de droit parce qu’il nous garantit la possibilité de vivre libre et ensemble. »
Le contexte politique mentionné dans l’entretien inclut également l’annonce, la semaine précédente, de la candidature à l’élection présidentielle du président du parti Les Républicains (LR), sans que l’entretien ne précise la date exacte de cette déclaration.





