Après plus de vingt‑quatre heures de silence, Jean‑Luc Mélenchon, chef de file de La France insoumise (LFI), a pris la parole dimanche 15 février 2026 pour exprimer la « sidération », l’« empathie » et la « compassion » de son mouvement à la suite de l’agression mortelle survenue jeudi à Lyon et ayant coûté la vie à Quentin D., présenté comme un étudiant appartenant à la mouvance nationaliste.
La prise de parole de Mélenchon
Intervenant lors d’un meeting électoral à Montpellier, Jean‑Luc Mélenchon a déclaré : « Nous exprimons notre sidération, mais aussi notre empathie et notre compassion pour la famille, pour les proches ». Il a rappelé avoir « dit des dizaines de fois que [les “insoumis” étaient] hostiles et opposés à la violence ».
Le leader « insoumis » a contesté les récits diffusés dans les heures suivant les faits, affirmant que « tous les récits qui ont été faits dans les heures qui ont suivi n’ont aucun rapport avec la réalité ». Il a répété : « C’est nous qui sommes agressés, réunion après réunion. »
Mélenchon a encore accusé certains médias et opposants d’avoir « truqué » la représentation des événements : « Tout a été truqué, arrangé pour faire croire à une sorte d’expédition du service d’ordre “insoumis” pour traquer un pauvre malheureux ». Il a assuré que « tout s’est passé ailleurs qu’à l’endroit où se trouvait Rima et le service d’ordre des “insoumis” » et clamé : « Nous n’avons rien à voir avec cette histoire et ceux qui nous accusent. Ce sont des calomniateurs ! »
Accusations croisées et contexte
La polémique s’est rapidement envenimée sur le plan politique. Plus tôt dans la journée, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a affirmé publiquement que « c’est l’ultragauche qui manifestement a tué » Quentin D. et a dénoncé une « complaisance de La France insoumise (…) pour la violence politique ». Il s’agit d’une accusation directe portée par un membre du gouvernement, qui a contribué à amplifier le débat.
De son côté, le collectif identitaire Némésis, proche de l’extrême droite, a assuré que Quentin avait été agressé jeudi soir par des militants antifascistes. Selon ce collectif, la victime faisait partie du service d’ordre chargé d’assurer la sécurité de militants qui manifestaient contre une conférence de l’eurodéputée (LFI) Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Dans le texte et les communiqués diffusés, Némésis décrit les circonstances comme une agression ciblée contre un militant nationaliste.
Ces récits, contradictoires, restent au centre des débats publics et politiques. Les protagonistes se renvoient la responsabilité des faits et des images qui ont circulé depuis jeudi, chacun estimant que le récit adverse déforme la réalité.
Enquête judiciaire et étapes à venir
Sur le plan judiciaire, le parquet de Lyon a indiqué que « plusieurs témoignages significatifs » avaient été recueillis par la police dans le cadre de l’enquête sur l’agression. Le procureur de Lyon a programmé un point de presse pour lundi 16 février 2026 à 15 heures afin de faire le point sur l’instruction en cours et les éléments recueillis.
Les autorités judiciaires n’ont pour l’heure pas rendu de conclusions publiques sur l’identification des auteurs, leurs motivations ou les circonstances précises du décès. Les éléments fournis par les parties politiques et les collectifs engagés sur le terrain alimentent l’espace public mais ne remplacent pas les constats et analyses que doivent livrer les enquêteurs.
La mort d’un militant et les accusations mutuelles entre mouvances politiques ont déclenché une forte médiatisation. Les réactions institutionnelles et partisanes risquent de rester vives tant que l’enquête n’aura pas établi, de façon circonstanciée, les faits et les responsabilités.
À ce stade, les déclarations publiques — qu’elles émanent de responsables politiques, de collectifs ou de témoins — constituent des éléments rapportés au dossier mais ne sauraient être tenues pour des conclusions judiciaires. Le point de presse annoncé par le procureur devrait permettre d’éclairer, dans les heures qui viennent, les preuves matérielles et les témoignages recueillis par les services d’enquête.





