Raphaël Glucksmann a jugé « impensable » que la gauche entretienne « le moindre doute » sur une « possible alliance avec La France insoumise » en vue de l’élection présidentielle de 2027. Sa déclaration, faite lundi 16 février 2026, intervient dans un climat tendu depuis la mort d’un jeune militant identitaire, Quentin D., âgé de 23 ans.
Les faits et la chronologie
Selon le récit disponible, des affrontements ont eu lieu jeudi 12 février 2026 entre militants antifascistes et groupes d’extrême droite à la marge d’une conférence organisée à Sciences Po Lyon et donnée par l’eurodéputée Rima Hassan, membre de La France insoumise (LFI). Quentin D. a été blessé lors de ces heurts et est décédé samedi 14 février 2026.
Depuis ces événements, La France insoumise fait l’objet de vives critiques et d’une forte mise en cause politique de la part de responsables de la droite et de l’extrême droite, qui imputent un rôle aux militants proches de LFI dans la mort du jeune homme.
Réactions politiques et accusations
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a déclaré dimanche, lors du Grand Jury RTL–Public Sénat–Le Figaro–M6, que « C’est manifestement l’ultragauche qui a tué ». Cette formulation rejoint les propos tenus la veille par l’eurodéputée d’extrême droite Marion Maréchal, qui avait écrit sur X : « La milice de Mélenchon et LFI a tué ».
L’ex-ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a pour sa part affirmé : « Ce n’est pas la police qui tue en France, c’est l’extrême gauche ». Ces accusations publiques ont contribué à polariser le débat et à accroître la pression sur LFI.
De son côté, Jean‑Luc Mélenchon, chef de file de la formation insoumise, a contesté les premiers récits diffusés après les faits, estimant que « Tous les récits qui ont été faits dans les heures qui ont suivi n’ont aucun rapport avec la réalité ».
Raphaël Glucksmann a appelé à mettre fin à « cette brutalisation du débat public » et a pointé une « responsabilité de tous les dirigeants politiques qui attisent la haine, y compris ceux de La France insoumise ». Il a néanmoins reconnu que « Il y a aussi des morts causées par les milices d’ultra droite ».
Enquête judiciaire et suite procédurale
Le procureur de Lyon, Thierry Dran, doit tenir une conférence de presse lundi 16 février 2026 à 15 heures. Le parquet indique que les services de police ont « recueilli plusieurs témoignages significatifs » et que « l’enquête s’oriente à présent sur l’identification des auteurs directs des violences correctionnelles et criminelles ». Ces formulations laissent entendre que les investigations portent désormais sur l’identification des personnes directement impliquées dans les violences.
Le calendrier et le contenu précis des annonces du procureur n’étaient pas détaillés dans les éléments fournis au moment des déclarations politiques. Le déroulé exact des faits pendant les heurts, ainsi que les responsabilités individuelles, restent à établir par l’enquête en cours.
Un débat public sévèrement tendu
Les propos échangés entre responsables politiques depuis la mort de Quentin D. illustrent la tension qui entoure à la fois la sécurité des manifestations et la responsabilité politique dans la diffusion de discours virulents. Les échanges publics ont mêlé accusations directes et démentis, ce qui complique la perception immédiate des événements pour l’opinion et les médias.
Plusieurs responsables, dont Raphaël Glucksmann, ont appelé à la désescalade du langage politique, tout en reconnaissant que des violences peuvent provenir de différents groupes militants, y compris d’extrême droite.
La presse et les autorités judiciaires devraient préciser, au fil de l’enquête, les circonstances précises de la mort de Quentin D., les responsabilités éventuelles et les mesures prises. En l’état, les déclarations politiques reflètent des interprétations contrastées des mêmes faits, tandis que l’instruction vise à établir des éléments probants et identifiables concernant les auteurs des violences.





