Suspension d’accès à l’Assemblée nationale
La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a annoncé lundi 16 février la suspension des « droits d’accès » à l’enceinte du palais Bourbon pour Jacques-Elie Favrot, assistant parlementaire du député La France insoumise (LFI) Raphaël Arnault. Son nom est, selon la présidence, « cité par plusieurs témoins » dans l’enquête relative à l’agression mortelle du jeune militant Quentin D.
Dans un communiqué, la présidence justifie cette décision au motif que « sa présence dans l’enceinte de l’Assemblée nationale pourrait entraîner un trouble à l’ordre public ». Yaël Braun-Pivet a « donc décidé de suspendre, à titre conservatoire et sans préjudice des suites de l’enquête judiciaire, les droits d’accès de ce dernier », précise le texte.
État de l’enquête à Lyon
Le procureur de la République de Lyon, Thierry Dran, devait tenir une conférence de presse lundi à 16 heures — horaire modifié par rapport à une convocation initiale annoncée à 15 heures. Selon le parquet, les services de police ont « recueilli plusieurs témoignages significatifs » et l’enquête « s’oriente à présent sur l’identification des auteurs directs des violences correctionnelles et criminelles ».
Ouverte initialement pour « violences aggravées », l’enquête préliminaire a été élargie aux qualifications de « coups mortels aggravés par trois circonstances : la réunion, l’usage d’armes, la dissimulation du visage ». L’autorité judiciaire n’a pour l’heure apporté aucune précision supplémentaire, invoquant la nécessité de préserver le cours des investigations.
Les éléments rendus publics indiquent que Quentin D. a été agressé jeudi soir alors qu’il assurait, selon certaines sources locales, le service d’ordre d’un rassemblement. Pris en charge en début de soirée par les secours, il avait été placé dans le coma avec un pronostic vital engagé et est décédé samedi. Me Fabien Rajon, avocat de la famille, a déclaré que le jeune homme avait été victime d’« un guet-apens méthodiquement préparé ».
Allégations et position des groupes impliqués
Le collectif identitaire Némésis, proche de l’extrême droite, a affirmé que Quentin D. aurait été agressé par des militants antifascistes alors qu’il faisait partie du service d’ordre présent pour une manifestation contre une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Ces allégations ont alimenté les réactions et polémiques, mais le parquet n’a pas confirmé à ce stade de lien direct entre les auteurs des violences et une organisation identifiée.
La présence supposée de membres du groupe se revendiquant antifasciste La Jeune Garde — que le texte signale comme fondée par le député Raphaël Arnault — a été mise en avant par des responsables de l’extrême droite. De son côté, La Jeune Garde a publié un communiqué affirmant qu’elle « ne saurait être tenue pour responsable » de la mort de Quentin à Lyon et indiquant avoir « suspendu toutes ses activités ».
Pressions politiques et réactions publiques
LFI se retrouve sous forte pression politique depuis ces faits, visée notamment par des responsables de la droite et de l’extrême droite. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a déclaré dimanche : « C’est manifestement l’ultragauche qui a tué ». L’eurodéputée d’extrême droite Marion Maréchal avait écrit la veille sur X : « La milice de Mélenchon et LFI a tué ». L’ex-ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a pour sa part affirmé : « Ce n’est pas la police qui tue en France, c’est l’extrême gauche ».
Raphaël Arnault, député LFI, a exprimé samedi son « horreur et dégoût » après l’annonce du décès de l’étudiant et a écrit sur X souhaiter que « toute la lumière soit faite ». Selon un communiqué de l’avocat du collaborateur mis en cause par le collectif Némésis, ce dernier « dément formellement être responsable de ce drame » et « se retire de ses fonctions » de collaborateur « durant le temps de l’enquête ».
Dimanche, Jean‑Luc Mélenchon, leader des « insoumis », a estimé que « tous les récits qui ont été faits dans les heures qui ont suivi n’ont aucun rapport avec la réalité », rappelant à plusieurs reprises l’opposition de son mouvement à la violence.
Les investigations judiciaires et les auditions en cours détermineront, à terme, les responsabilités individuelles et l’enchaînement exact des faits. Les autorités judiciaires et policières demeurent pour l’instant discrètes sur les détails afin de ne pas compromettre l’enquête.





