Mort de Quentin Deranque après une agression à Lyon : polémiques autour de La France insoumise, la Jeune Garde et l’enquête qui pourrait peser sur la gauche avant 2027

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La mort du militant d’extrême droite Quentin Deranque, après une agression liée à une conférence de Rima Hassan à Lyon, relance un vif débat autour de La France insoumise et du groupuscule dissous la Jeune Garde. Accusations du ministre Laurent Nuñez et démentis de Manuel Bompard se heurtent à la prudence du procureur de Lyon : l’enquête déterminera les responsabilités et pourrait peser sur la position de la gauche avant 2027.

Les faits

La mort du militant d’extrême droite Quentin Deranque, survenue samedi 14 février, a ravivé les tensions politiques en France. Selon les éléments rapportés, M. Deranque a été roué de coups en marge d’une conférence organisée à Lyon par l’eurodéputée Rima Hassan (La France insoumise, LFI), jeudi précédant son décès.

Le groupuscule antifasciste la Jeune Garde, dissous en juin 2025, est au cœur des soupçons médiatiques et politiques. Les autorités judiciaires ont ouvert des investigations; lors d’une conférence de presse lundi 16 février, le procureur de la République de Lyon, Thierry Dran, s’est montré prudent sur la qualification et l’implication exacte du groupuscule dans ce dossier.

Réactions politiques et déclarations

Les réactions politiques ont été immédiates et vives. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a dénoncé « des liens extrêmement forts entre La France insoumise et la Jeune Garde » au micro de France Inter, lundi 16 février.

Face à ces accusations, Manuel Bompard, dirigeant de LFI, a répondu mardi 17 février sur la même antenne en rejetant toute responsabilité politique du mouvement. Il a déclaré : « Il n’y a aucune responsabilité politique de La France insoumise dans ce drame (…) Il n’y a aucun lien entre La France insoumise et ce drame. (…) Raphaël Arnault n’avait plus aucun rapport avec la Jeune Garde. Il a été porte-parole et fondateur, depuis qu’il a été élu député [du Vaucluse en 2024], il n’exerce plus aucune fonction, aucune responsabilité dans la Jeune Garde, il n’a aucun rapport avec ces événements. Il était à l’Assemblée nationale [jeudi]. »

Ces prises de parole s’inscrivent dans un échange politique plus large, où accusations et démentis s’entremêlent alors que l’enquête se poursuit.

Les enjeux pour LFI et la gauche

La mort du militant et les suspicions autour de la Jeune Garde exacerbent un débat ancien au sein de la gauche française. D’un côté, des voix demandent une rupture nette avec tout ce qui pourrait être perçu comme une tolérance à l’égard de la violence politique. De l’autre, certains appellent à la prudence et à la distinction entre positions individuelles et responsabilités collectives.

Michaël Delafosse, maire socialiste de Montpellier, a résumé cette exigence de clarté en affirmant que « si Jean‑Luc Mélenchon réfute la violence politique, alors il devrait être capable d’expulser ceux qui contribuent au climat de violence avec leurs mots comme Raphaël Arnault ou Rima Hassan. A gauche, on ne cultive pas les ambiguïtés stratégiques avec la violence politique, on rompt avec ». Ces propos témoignent de la pression à laquelle LFI est soumise dans l’espace politique, en particulier à l’approche de l’élection présidentielle de 2027.

Un débat public amplifié par la temporalité et les responsabilités

L’affaire met en lumière la difficulté de distinguer liens revendiqués, engagements passés et responsabilités actuelles. La Jeune Garde a été dissoute en juin 2025, mais son passé militant et ses anciens porte‑parole restent cités dans le débat public. Raphaël Arnault, mentionné dans les déclarations de M. Bompard, est présenté comme un fondateur et ancien porte‑parole qui, selon LFI, n’aurait plus de fonctions au sein du groupuscule depuis son élection comme député en 2024.

Les autorités judiciaires, quant à elles, maintiennent une position de réserve tant que l’enquête avance. Le procureur Thierry Dran a, lors de sa prise de parole le 16 février, évité de tirer des conclusions hâtives sur l’implication directe de la Jeune Garde dans la violence qui a conduit à la mort de Quentin Deranque.

Perspectives et incertitudes

À ce stade, la situation reste marquée par des certitudes partielles et des zones d’ombre. Les principaux faits — la conférence de Rima Hassan à Lyon, les coups portés au militant, le décès survenu samedi 14 février — sont établis dans le calendrier des faits rapportés. Les liens entre LFI et la Jeune Garde, ainsi que la réalité des responsabilités individuelles ou collectives, font l’objet de fortes revendications politiques et d’investigations judiciaires.

Le dossier devrait continuer d’alimenter le débat politique tant que les investigations ne permettront pas d’éclaircir définitivement les responsabilités. Entre accusations publiques et prudence judiciaire, les prochains éléments de l’enquête seront déterminants pour apaiser ou accentuer la tension au sein de la gauche et dans l’espace public.

Parlons Politique

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