Mardi 17 février, le Syndicat des énergies renouvelables (SER) a présenté une étude consacrée aux retombées fiscales générées par les installations d’énergies renouvelables en 2024. L’analyse, réalisée avec l’appui du cabinet de conseil Colombus Consulting, chiffre à plus de 2,1 milliards d’euros les recettes redistribuées aux collectivités locales.
Un apport financier tangible pour les collectivités
Selon l’étude, cette manne profite principalement aux intercommunalités, qui concentrent 45 % des retombées, puis aux communes (32 %). Les départements reçoivent 15 % des recettes et les régions 8 %. Ces proportions illustrent la répartition territoriale des recettes issues des centrales hydroélectriques, des mâts d’éoliennes, des panneaux solaires et d’autres installations renouvelables.
Les auteurs du rapport soulignent que ces recettes interviennent « dans un contexte de baisse de l’autonomie fiscale des collectivités ». Ce constat place les retombées des projets d’énergies renouvelables comme un complément de ressources susceptible d’aider au financement de services publics locaux ou d’investissements d’infrastructure.
Un argument en faveur de nouvelles implantations, malgré des contestations locales
Le SER présente ces chiffres comme un argument en faveur du développement de nouveaux projets sur le territoire. L’organisation met en avant le double effet : d’un côté, des gains fiscaux pour les collectivités; de l’autre, des capacités de production d’énergie susceptibles de réduire la dépendance aux énergies fossiles.
Pour autant, l’étude note implicitement que ces projets continuent de susciter des oppositions à l’échelle locale. Les conflits portent souvent sur l’implantation paysagère, les nuisances potentielles ou les modalités de concertation avec les élus et habitants. Le document ne prétend pas résoudre ces tensions mais indique que les retombées financières constituent un élément de dialogue avec les acteurs locaux.
Un message politique en direction des élus
À moins d’un mois des prochaines élections municipales, la présentation de ces chiffres apparaît également comme un message adressé aux maires en exercice et aux candidats. Du point de vue du SER, mettre en avant des recettes tangibles doit encourager l’autorisation et l’accueil de projets renouvelables, malgré les débats locaux.
Jules Nyssen, président du SER, explicite cette position dans une citation reprise par l’étude : « Face à la dépendance persistante aux énergies fossiles, à l’urgence climatique et à la nécessité de renforcer notre souveraineté énergétique, chaque territoire détient une part de la solution », veut croire Jules Nyssen, président du SER.
La formulation insiste sur la combinaison d’enjeux : climat, sécurité d’approvisionnement et ressources locales. Elle illustre la manière dont le syndicat associe objectifs environnementaux et bénéfices économiques pour les collectivités.
Ce que dit l’étude et ce qu’elle ne prétend pas
Le document publié avec l’appui de Colombus Consulting se concentre sur la quantification des retombées fiscales pour l’année 2024. Il présente des données agrégées et une répartition par niveau de collectivités, sans détailler ici le calcul précis de ces flux ni l’horizon temporel des recettes par projet.
Autrement dit, l’étude livre un panorama chiffré utile pour comprendre l’ordre de grandeur des gains locaux, mais elle n’apporte pas, dans les éléments cités, d’analyse exhaustive des conditions d’acceptation sociale ni des coûts indirects liés aux installations.
Les décideurs et habitants qui souhaitent approfondir auront intérêt à consulter le texte complet de l’étude pour vérifier les hypothèses retenues, la méthodologie et les éventuelles variations régionales.
En synthèse, le SER met en lumière un flux financier non négligeable — « plus de 2,1 milliards d’euros » selon son étude — destiné aux collectivités locales. Ces ressources renforcent l’argumentaire en faveur du développement des énergies renouvelables, tout en laissant inchangés les débats sur l’acceptabilité locale et la gouvernance des projets.





