Le 12 février 2026, un jeune homme, Quentin Deranque, a été roué de coups puis laissé à terre à Lyon. Sa mort a déclenché une enquête qui, entre le mardi 17 et le mercredi 18 février 2026, a conduit la police judiciaire à interpeller 11 personnes liées aux faits.
Les interpellations et les liens avec la Jeune Garde
Parmi les personnes arrêtées figurent des individus déjà connus des services de renseignement : plusieurs suspects font l’objet d’une fiche « S » pour radicalisation politique, en raison de leur appartenance à la Jeune Garde, un groupe antifasciste lyonnais dissous en juin 2025 pour des méthodes jugées violentes.
Les enquêteurs ont également établi des liens directs entre certains des interpellés et des responsables proches de La France insoumise (LFI). Trois des personnes mises en cause sont identifiées comme « proches » du député LFI du Vaucluse, Raphaël Arnault — fondateur de la Jeune Garde : deux collaborateurs parlementaires et un ancien stagiaire de son équipe figurent parmi les arrêtés.
Ces rapprochements ont relancé le débat sur la porosité entre éléments radicaux et structures politiques. Selon les informations rendues publiques par la justice et la police judiciaire, la chaîne de responsabilités et d’alliances doit désormais être précisément reconstituée par les enquêteurs.
Positions publiques de LFI et réactions
Avant les faits, LFI s’était déjà exprimée sur la Jeune Garde. Le 11 février 2026, veille des violences à Lyon, un communiqué du mouvement jugeait « attentatoire aux libertés fondamentales » la procédure de dissolution visant la Jeune Garde.
Dans une prise de parole en avril 2025, Jean‑Luc Mélenchon avait qualifié les membres de la Jeune Garde de « jeunes camarades » d’une « organisation alliée, liée au mouvement ‘insoumis’ ». Raphaël Arnault, pour sa part, avait été élu député en 2024. Sa condamnation définitive en décembre 2025, après désistement en appel, pour « violences volontaires en réunion » n’avait, selon l’article initial, suscité aucune réaction publique marquée de la part de LFI.
Depuis les interpellations, la ligne défendue par les responsables « insoumis » a été de rappeler que leur camp est régulièrement visé par l’extrême droite et d’évoquer la responsabilité de l’État dans la sécurisation des rues lyonnaises. Jean‑Luc Mélenchon a lui‑même pointé la « responsabilité de la puissance publique », selon le compte rendu des déclarations publiées.
Le député Raphaël Arnault a annoncé vouloir mettre fin au contrat d’un de ses collaborateurs mis en cause. En revanche, selon les éléments rapportés, ni LFI ni ses dirigeants n’ont « renié » la Jeune Garde ou le député Arnault de manière générale.
Contexte politique et polarisation
La mort de Quentin Deranque intervient dans un climat politique tendu. Partout en France, les groupes identitaires et néofascistes continuent, selon le texte d’origine, d’être à l’origine d’une grande partie des violences politiques signalées ces dernières années. La droite et l’extrême droite ont, depuis l’annonce du drame, instrumentaliser la mort pour critiquer et diaboliser une partie de la gauche.
Cette récupération politique ne doit toutefois pas masquer la question centrale posée par les faits : les liens entre mouvances radicales et formations politiques. Le débat porte désormais sur la responsabilité politique des partis alliés à des collectifs qui peuvent recourir à des pratiques violentes.
Demande de clarification
Le cas de la Jeune Garde montre la difficulté pour un mouvement politique d’afficher une proximité avec des groupes militants sans en assumer les dérives éventuelles. L’article réécrit appelle à une clarification claire de la part des responsables de LFI : rompre avec les éléments violents au sein des alliances et écarter des groupes alliés dont les méthodes contreviennent à la loi.
Sur le plan judiciaire, l’enquête devra préciser les responsabilités individuelles et établir la chronologie exacte des événements du 12 février 2026 : l’altercation en marge d’une conférence de la députée européenne Rima Hassan, la rixe opposant deux groupes, puis l’agression mortelle d’un jeune homme isolé à terre. Sur le plan politique, les questions de responsabilité collective et de contrôle des alliances restent ouvertes et seront examinées à la lumière des conclusions d’enquête.
Au terme des gestes publics déjà observés, la nécessité d’une clarification est désormais au centre du débat : élus, formations et collectifs devront, s’ils le souhaitent, expliciter leurs frontières et leurs règles d’engagement pour éviter que des épisodes de violence ne jettent une ombre durable sur le paysage politique.





