Lyon : marche ultradroite en hommage à Quentin Deranque (3 200 participants) — la préfecture saisit la justice après saluts nazis, 7 mis en examen

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À Lyon, près de 3 200 personnes ont participé à une marche encadrée en mémoire de Quentin Deranque, avec consignes de neutralité et interdiction des visages masqués. La préfecture a saisi la justice après des saluts nazis et des insultes racistes et homophobes ; l’enquête, avec sept personnes mises en examen, se poursuit.

Une marche encadrée, tenue pour la mémoire de Quentin Deranque

Près de 3 200 personnes, « selon la préfecture », ont participé samedi 21 février à Lyon à une marche organisée en mémoire de Quentin Deranque, mort une semaine plus tôt des suites de blessures survenues lors d’affrontements avec des membres de l’extrême gauche. Les organisateurs avaient annoncé des consignes strictes pour limiter les signes d’appartenance politique et prévenir tout débordement.

La manifestation, qui s’est déroulée dans le calme selon plusieurs témoignages, visait à rendre hommage au jeune homme de 23 ans que certains militants de l’ultradroite cherchent à présenter comme un martyr. Les organisateurs ont demandé aux participants de ne porter que des drapeaux français, d’éviter les tatouages significatifs apparents et de s’abstenir d’insultes ou de « gogolerie », terme employé dans le milieu pour désigner des provocations ostentatoires.

Consignes et restrictions imposées par la préfecture

Parmi les conditions posées pour l’autorisation de la marche, la préfecture de police avait exigé l’absence de visage dissimulé : pas de cagoule ni de tour de cou masquant les traits. Cette restriction répondait explicitement à des préoccupations d’ordre public et faisait partie des règles communiquées aux organisateurs pour permettre le déroulement de l’événement.

Les consignes internes à la mouvance qui a appelé à la marche se voulaient de même nature : limiter les signes politiques visibles et insister sur une tenue neutre afin d’éviter l’étiquetage de la démarche comme une opération de groupe. Dans ce cadre, un des organisateurs, lors du rassemblement, a résumé la posture affichée par certains participants par une formule lapidaire : « C’est nous les gentils ». Cette phrase a été rapportée par des observateurs présents sur place.

Des gestes et des propos sanctionnés par la justice

Malgré l’encadrement des consignes, la préfecture du Rhône a indiqué avoir saisi la justice après la marche en raison de saluts nazis et d’insultes à caractère raciste et homophobe observés pendant le cortège. Ces faits sont rapportés par l’autorité préfectorale et ont entraîné une transmission au parquet pour qu’une enquête pénale puisse faire la lumière sur les infractions alléguées.

Par ailleurs, les circonstances exactes du décès de Quentin Deranque restent l’objet d’une instruction : sept personnes ont déjà été mises en examen dans le cadre de l’enquête ouverte après les affrontements. Les autorités judiciaires poursuivent les investigations pour préciser les responsabilités et le lien éventuel entre les faits survenus et la mort du jeune homme.

Les organisateurs de la marche assurent avoir voulu canaliser la colère et éviter toute forme de violence. Certains participants ont respecté ces consignes, d’autres les ont transgressées, selon les constatations relevées par la préfecture et par des témoins. Le contraste entre l’appel à la retenue et les comportements condamnés a nourri un débat sur la frontière entre revendication politique et provocation.

Un événement placé sous haute surveillance

La tenue de ce rassemblement a mobilisé les services de l’État, tant pour encadrer le cortège que pour surveiller d’éventuels heurts. La préfecture a justifié ses mesures d’encadrement par la nature des appels et la mémoire des affrontements qui avaient précédé la mort du jeune homme.

Sur le plan politique et médiatique, la mobilisation a résonné au-delà de Lyon : elle illustre la capacité de certains groupes d’extrême droite à organiser rapidement des rassemblements après un fait divers tragique, et la manière dont ils cherchent à construire un récit politique autour d’un décès. À ce stade, les éléments factuels disponibles sont limités aux constats officiels et aux procédures judiciaires en cours.

Dans l’attente des conclusions des investigations, la manifestation restera un moment symbolique pour ses organisateurs et un objet de préoccupation pour les autorités, appelées à concilier droit de réunion, sécurité publique et répression des salutations ou propos contraires à la loi.

Parlons Politique

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