En attendant le « programme massif » annoncé par Édouard Philippe pour la présidentielle de 2027, le mouvement de jeunesse du parti qu’il a fondé a rendu public un plaidoyer contenant plus de quarante propositions. Le document, consulté en amont par Le Monde, a été dévoilé mercredi 25 février. Il pose les priorités et les lignes directrices d’une génération militante qui veut peser sur la préparation du programme national.
Une jeunesse organisée et distincte
Les Jeunes Horizons regroupent des adhérents âgés de 16 à 35 ans. Ils sont environ 6 500 au sein des quelque 40 000 adhérents revendiqués par Horizons, indique le texte. Le mouvement se présente comme la structure chargée de porter la parole des jeunes au sein du parti, avec la volonté explicite que « la voix » de cette génération pèse autant que celle de ses aînés.
La présidente du mouvement, Marine Cazard, accompagne ce positionnement par une explication sur le vocabulaire politique : « Une manière de ne pas laisser les nationalistes s’arroger la notion de souveraineté », affirme-t-elle, rappelant que l’on peut être à la fois attaché à l’Europe et défendre les intérêts stratégiques de la France.
Origine et méthode du travail
Ce plaidoyer est le fruit d’un travail collectif mené depuis le printemps 2022, quelques mois après le lancement du parti. Près de 600 jeunes ont contribué aux réflexions, sous la coordination de Marine Cazard, de Camille Renard, secrétaire générale du mouvement, et de Coline Seralta, cheffe du pôle « contributions ».
Le document compile des propositions formulées par ces militants et militantes, organisées autour de thématiques variées. L’objectif affiché est de proposer des solutions claires et applicables, tout en conservant un cap idéologique cohérent avec la famille politique à laquelle Horizons se rattache.
Axes majeurs : simplification, entreprise, autorité
Parmi les thèmes récurrents, trois axes se dégagent dans le texte : la simplification administrative, le soutien à l’entreprise et la réaffirmation de « l’autorité de l’État ». Ces priorités structurent la plupart des propositions et rappellent une volonté de rendre l’action publique plus lisible et plus efficace.
La préférence pour des mesures pro-entreprises s’accompagne d’une tonalité résolument pragmatique : le document plaide pour des procédures allégées et une moindre complexité réglementaire afin de faciliter la création et le développement d’activités économiques.
Sur la question de l’autorité, le plaidoyer insiste sur la nécessité de renforcer l’action de l’État dans des domaines identifiés comme stratégiques, notamment technologique et industriel. Le vocabulaire utilisé traduit une volonté de marquer la présence régalienne et la capacité de l’État à protéger les intérêts nationaux.
Positionnement idéologique et nuances
Les Jeunes Horizons se définissent en termes multiples : « libéraux, écolos, féministes », mais aussi « souverainistes ». L’association de ces qualificatifs illustre la volonté du mouvement de se démarquer d’un positionnement monolithique et de rassembler des sensibilités diverses au sein d’une même plateforme.
La formulation revendiquée par la direction du mouvement souligne une tentative d’équilibrer des sensibilités parfois jugées opposées : l’ouverture économique et l’ancrage européen d’un côté, la défense des capacités stratégiques nationales de l’autre.
Le document ne se limite pas à des slogans : il propose une quarantaine de mesures concrètes. Le détail de ces propositions, consulté par Le Monde, n’est pas intégralement reproduit ici mais alimente le dialogue interne au parti et les échanges autour du futur programme présidentiel.
Enfin, le plaidoyer des Jeunes Horizons intervient alors qu’Édouard Philippe est concentré sur sa campagne municipale au Havre (Seine-Maritime). Le lancement officiel du « programme massif » pour la présidentielle est encore annoncé par l’ancien premier ministre, qui a dirigé le gouvernement de 2017 à 2020.





