La députée du Rassemblement national (RN) Lisette Pollet a annoncé avoir licencié l’un de ses assistants parlementaires, identifié comme Vincent Claudin, après la publication de messages sur ses comptes de réseaux sociaux jugés « en contradiction avec les valeurs, les principes et la ligne de conduite » qu’elle défend. Le communiqué a été publié sur X dans la nuit de mardi à mercredi 25 février.
Motifs du licenciement et prise de position de la députée
Dans son message, Lisette Pollet indique clairement que la séparation « fait suite à la publication, sur ses réseaux sociaux personnels, de plusieurs messages dont le contenu est en contradiction avec les valeurs, les principes et la ligne de conduite que je défends ». Elle ajoute : « Je condamne fermement ces prises de position », en précisant que ces « tweets » n’engageaient que leur auteur.
Le contenu précis des publications incriminées n’était pas immédiatement lisible dans la communication de l’élue. Selon son collègue Jean-Philippe Tanguy, interrogé mercredi sur RTL, ces « contenus impardonnables » auraient été diffusés « sur des comptes sous pseudonymes », ce qui, d’après lui, explique en partie la découverte tardive de ces messages.
Allégations de liens avec l’ultradroite et articles de presse
Plusieurs médias ont relancé l’affaire en rapprochant Vincent Claudin de cercles d’extrême droite. Mediapart, cité dans les informations disponibles, indique que M. Claudin a appartenu au groupuscule d’ultradroite « Lyon populaire » et qualifie le collaborateur de la députée de « d’assistant parlementaire néonazi ». Ces éléments sont rapportés comme des allégations par les titres concernés et mis en relation avec des démarches administratives visant le groupuscule, qui a fait l’objet d’une procédure de dissolution selon Mediapart.
Le Parisien, pour sa part, rapporte que Vincent Claudin a participé à une marche organisée à Lyon le week‑end précédent pour Quentin Deranque. Lors de ce rassemblement, des observateurs ont signalé la présence de saluts nazis ainsi que des insultes à caractère raciste et homophobe, note le quotidien, qui ajoute que M. Claudin aurait « outrepassé les consignes de Jordan Bardella exigeant à ses troupes d’éviter l’hommage ».
Le Parisien rappelle aussi que M. Claudin se présente comme « l’un des meilleurs amis » de Quentin Deranque et qu’après la mort de ce dernier il aurait évoqué dans des médias tels que CNews ou Radio Courtoisie un « martyr » et un « héros ». Ces propos sont rapportés par le quotidien comme éléments d’un contexte médiatique et militant entourant certaines commémorations.
Réactions politiques et examen des publications
Face à ces révélations, Jean‑Philippe Tanguy et Lisette Pollet ont tenu à dissocier la démarche du licenciement d’une simple participation à une marche. M. Tanguy a déclaré qu’il trouvait « normal » qu’une personne ait voulu « rendre hommage », tout en affirmant qu’il n’existait « aucune connexion » entre le RN et les groupes d’ultradroite évoqués par la presse.
Le même député a indiqué qu’un examen du « contenu » signalé sur les réseaux sociaux serait effectué, s’agissant d’autres cas soulevés récemment dans les médias. Cette mise au point vise, selon lui, à distinguer les comportements individuels des liens institutionnels avec le parti.
Parallèlement, le dossier a ressurgi dans un autre dossier local : Les Jours rapporte qu’un candidat RN à Pugnac (Gironde), Fernand Beauvillain, aurait publié entre 2022 et 2025 des messages à tonalité raciste, se plaignant par exemple du « remplacement des Français » dans l’équipe nationale de football. Interrogé par Les Jours, M. Beauvillain a reconnu certaines publications « maladroites ou mal interprétées » et a assuré que d’autres relevaient de « l’humour, parfois grinçant ».
Jean‑Philippe Tanguy a déclaré ne pas avoir eu connaissance antérieure de ces publications et a précisé que leur contenu serait examiné par les instances concernées. Les investigations en cours, ainsi que les recoupements publiés par les différents titres, déterminent pour l’instant l’étendue et la nature des liens éventuels entre les personnes citées et des mouvements d’extrême droite.
L’affaire illustre la manière dont des publications anciennes ou diffusées sous pseudonyme peuvent, une fois relayées par la presse, conduire à des réactions politiques et disciplinaires. Les éléments factuels cités ici proviennent des communiqués et des articles de presse mentionnés, qui rapportent des allégations et des déclarations d’élus et d’intéressés.





