Dans la série « Faiseurs de culture » (4/18), Mickaël Pecaud incarne l’un des visages les plus visibles de la breakdance à Clermont-Ferrand. Directeur et chorégraphe du collectif Supreme Legacy, il conjugue enseignement, création et production pour promouvoir la culture hip-hop en Auvergne et au-delà.
Occupé par des spectacles, des résidences d’artiste et l’organisation de festivals, il n’est pas simple de programmer un entretien avec lui. Lors de notre rencontre en février, il se montre cependant disponible et concentré sur son public, coiffé d’un petit bonnet et parlant avec le débit des passionnés.
Un parcours façonné par la pratique
Mickaël Pecaud raconte un déclic vécu à 14 ans, alors qu’il était en vacances avec ses parents. « J’ai vu ce qu’on appelle un “cypher”, c’est-à-dire un cercle au sein duquel on danse le break. L’ambiance, l’énergie et la liberté dans les mouvements m’ont tout de suite plu », confie-t-il.
Sa trajectoire l’a mené vers la compétition et des succès reconnus au niveau national et international, en individuel comme en équipe. À 38 ans, père de deux enfants, il a arrêté la compétition depuis quelque temps pour se concentrer sur d’autres formes d’engagement artistique.
Supreme Legacy : transmettre et rassembler
Le collectif clermontois Supreme Legacy se présente comme un vecteur de diffusion des cultures urbaines. Par le biais de cours, de spectacles et de résidences, l’équipe cherche à rendre ces pratiques accessibles à des publics variés, des débutants aux danseurs confirmés.
Au-delà de l’enseignement, le collectif intervient dans l’organisation d’événements et de festivals. Ces initiatives visent à créer des temps de rencontre entre artistes et habitants, et à donner une visibilité locale et régionale à la scène hip-hop.
Partager davantage que des mouvements
Pour Pecaud, l’essentiel n’est plus la compétition mais le partage et la convivialité. Il met en avant des valeurs collectives : transmission, entraide et création commune. Ces principes orientent le travail du collectif, que ce soit en atelier ou sur scène.
La notion de cypher illustre bien cette approche : il s’agit d’un espace où la confrontation est constructive, où l’on danse pour se mesurer, mais surtout pour dialoguer par le corps et l’énergie. Ce cadre pédagogique et social fait partie des objectifs que Supreme Legacy promeut lors de ses actions.
Interrogé sur son rôle de directeur et de chorégraphe, Pecaud insiste sur l’importance de l’écoute et de l’adaptation. Il évoque la nécessité de proposer des formats variés — démonstrations, workshops, créations scéniques — afin d’ouvrir la culture hip-hop à des publics différents.
Son emploi du temps chargé n’altère pas son ambition : faire rayonner la breakdance et les autres disciplines urbaines, tout en consolidant une filière locale de pratique et de diffusion. Le collectif travaille aussi à créer des passerelles entre artistes professionnels et amateurs, et entre structures culturelles.
Sans détailler de palmarès précis dans cet entretien, Mickaël Pecaud reste considéré comme une figure incontournable de la discipline à Clermont-Ferrand. Son choix de privilégier la transmission témoigne d’une évolution fréquente chez les pratiquants expérimentés : de la compétition individuelle vers l’organisation collective et la pédagogie.
Supreme Legacy poursuit donc une double ambition : préserver l’authenticité des cultures urbaines et les adapter aux enjeux locaux de diffusion. Le collectif continue d’animer la scène régionale, par des actions régulières et des événements qui mettent en lumière la créativité des danseurs et la dimension sociale de la pratique.





