Un ralliement qui surprend
Confortablement installé dans ses bureaux donnant sur la Promenade des Anglais, Jean-Pierre Rivère, 68 ans, a provoqué la surprise en annonçant son engagement aux côtés d’Éric Ciotti. L’annonce de son entrée en politique, faite le 6 octobre 2025, s’inscrit dans la campagne municipale qui vise les scrutins des 15 et 22 mars. Le choix de se placer sous la bannière UDR-RN a déclenché un vif émoi dans les milieux politiques locaux.
Pour Rivère, cette décision n’est pas source de remords. « Je peux me regarder dans une glace, je ne trahis pas mes idées, je suis un homme de droite modérée », déclare-t-il depuis ses bureaux. Homme d’affaires et président du club de football OGC Nice, il est présenté par la campagne comme une « prise » importante pour le candidat, tant par sa notoriété que par son réseau.
Un parcours marqué par des soutiens antérieurs
Jusqu’à récemment, Jean-Pierre Rivère était plutôt considéré comme proche du maire Christian Estrosi, affilié au mouvement Horizons. Lors des municipales de 2014, il avait apporté son soutien à Estrosi, estimant alors que le maire « avait le respect de la parole donnée ». À l’époque, Rivère affichait une distance vis‑à‑vis de l’engagement politique : « ne pas avoir une excellente image des hommes politiques », avait‑il confié.
Ce basculement vers la campagne d’Éric Ciotti illustre une évolution nette dans ses prises de position publiques. Interrogé sur ses motivations, Rivère affirme qu’il s’est engagé « pour Nice », qu’il décrit comme « une belle vitrine dont l’arrière-boutique l’est moins ». Il ajoute : « Cette ville doit être un modèle d’éthique et de transparence, or je ne partage pas la façon dont elle a été gérée, je n’en dirai pas plus… ».
Une portée symbolique et politique
Le ralliement revêt une portée symbolique pour la campagne d’Éric Ciotti. Présenter à l’opinion publique un cadre reconnu du monde économique et sportif permet au candidat de renforcer son image et de mobiliser des soutiens au‑delà de l’électorat traditionnel. Pour la ville, la nouvelle crée un questionnement sur les alliances locales et sur la recomposition des forces en présence.
Sur le plan local, la figure de Rivère concentre plusieurs enjeux. En tant que président de l’OGC Nice, il jouit d’une visibilité importante et d’une audience sensible aux symboles. Son engagement politique pose donc la question de l’influence des acteurs économiques et sportifs dans les campagnes municipales. Le choix d’adhérer au projet d’un candidat classé à l’extrême droite sera observé, tant par les électeurs que par les acteurs politiques locaux.
Discours public et limites des déclarations
Dans ses déclarations publiques, Rivère insiste sur son désir d’améliorer la gestion municipale. Il affirme préférer les projets concrets à la politique politicienne : « Je n’aime pas la politique, mais j’aime les projets. » Ces formulations reflètent la volonté d’apparaître comme un acteur pragmatique plutôt que partisan.
Toutefois, certaines phrases laissent place à l’ambiguïté. Quand il évoque des désaccords avec la gestion de la ville, il se contente de dire « je n’en dirai pas plus… ». Ces réserves peuvent être interprétées comme une stratégie mesurée, visant à maintenir une image de neutralité sur des sujets sensibles, ou comme une volonté de ne pas entrer dans des critiques publiques détaillées.
Conséquences possibles pour la campagne
L’arrivée de Jean‑Pierre Rivère dans l’équipe d’Éric Ciotti devrait modifier le paysage de communication de la campagne. Sa notoriété offre un relais médiatique et un capital de crédibilité auprès de certains publics. En revanche, elle peut aussi susciter des réactions défavorables parmi les électeurs qui contestent les options politiques du tandem UDR‑RN.
À Nice, où les équilibres politiques locaux se jouent souvent sur des réseaux d’influence et des soutiens institutionnels, ce ralliement pourrait amplifier les débats sur l’éthique, la transparence et les priorités municipales. Les prochains épisodes de la campagne permettront d’évaluer l’impact réel de ce geste politique, tant en termes de mobilisation que d’image.





