Le président de la République, Emmanuel Macron, s’est adressé aux Français mardi 3 mars dans la soirée pour faire le point sur l’escalade au Proche et au Moyen-Orient et annoncer des mesures de réponse et de protection. Il a indiqué avoir ordonné au porte-avions Charles de Gaulle de « faire route » vers la Méditerranée et a confirmé le soutien de la France à Chypre, visée par des attaques récentes.
Un tournant dans l’escalade régionale
Après plusieurs jours de calme apparent, la situation a basculé à partir du 28 février, date à laquelle des frappes qualifiées de « préventives » par certains acteurs ont visé des cibles liées à l’Iran, selon le texte original évoquant une coordination américano-israélienne. Depuis, les événements se sont enchaînés rapidement : des contre-attaques iraniennes ont visé des bases américaines dans la région et des incidents ont touché des plateformes militaires étrangères, y compris une base britannique à Chypre visée le 1er mars par ce qui a été décrit comme des projectiles téléguidés.
Dans son allocution, Emmanuel Macron a souligné que « depuis samedi dernier, la guerre s’empare une nouvelle fois du Proche et du Moyen‑Orient », et que cette dynamique « s’étend à présent dans la région et emporte de graves conséquences pour la paix et la sécurité de tous ». Il a par ailleurs affirmé que « la République islamique d’Iran porte la responsabilité première de cette situation » en raison, selon lui, du développement d’un « programme nucléaire dangereux et de capacités balistiques inédites ».
Mesures prises par la France et coordination européenne
Le chef de l’État a annoncé l’envoi de moyens de défense anti-aériens supplémentaires et le déploiement de la frégate française Languedoc, qui devait arriver au large de Chypre dès la soirée du 3 mars, selon l’allocution. Il a aussi précisé que le groupe aérien et l’escorte de frégates du porte-avions Charles de Gaulle seraient mobilisés en Méditerranée.
La France a indiqué vouloir assurer une coordination étroite avec ses alliés et partenaires européens, en citant en premier lieu la Grèce. Le président a également rappelé des échanges constants avec l’Allemagne et le Royaume‑Uni, et a cité une déclaration conjointe des trois pays, appelés « E3 », qui ont demandé un arrêt rapide des frappes et insisté sur la nécessité de reprendre des négociations diplomatiques pour parvenir à une paix durable.
Dans une déclaration commune, les dirigeants français, allemand et britannique ont demandé, dès le 28 février, à l’Iran « de laisser son peuple décider de son propre avenir » et ont condamné les représailles menées par Téhéran contre des bases militaires américaines dans la région. Le trio E3 s’est dit prêt à « des actions défensives nécessaires et proportionnées » pour neutraliser, « à la source », des capacités militaires iraniennes jugées menaçantes.
Sécurité maritime et enjeux économiques
Emmanuel Macron a évoqué les risques pesant sur les voies maritimes stratégiques : le détroit d’Ormuz, par lequel transite près de 20% du pétrole mondial, a été fermé à la navigation par les Gardiens de la révolution iraniens, selon le texte cité. La menace pesant sur la mer Rouge et le canal de Suez a également été soulignée, ce qui a conduit Paris à proposer la construction d’une coalition pour réunir des moyens, y compris militaires, afin de sécuriser le trafic maritime essentiel à l’économie mondiale.
Le président a rappelé les intérêts économiques français affectés par la crise, citant la sensibilité des prix du pétrole et du gaz et l’impact sur le commerce international. Il a indiqué que la France était à l’initiative d’un effort collectif en Méditerranée orientale et appelait des nations volontaires à le consolider.
Rapatriements et mesures pour les ressortissants
Sur le plan humanitaire et consulaire, Emmanuel Macron a annoncé que des rapatriements seraient proposés à tous les ressortissants français qui le souhaitent. Le texte initial mentionnait « près de 4 000 000 » de Français résidant ou de passage dans la région ; cette précision est reprise telle quelle dans l’allocution.
Deux avions affrétés sont arrivés dans la soirée à Paris et, selon le ministre des Affaires étrangères Jean‑Noël Barrot, d’autres vols de rapatriement sont programmés, notamment depuis les Émirats arabes unis et l’Égypte. Le gouvernement a dit se tenir prêt à organiser des rotations supplémentaires en fonction des demandes et de l’évolution de la situation.
Enfin, le président a rappelé que la France assurerait une coordination étroite avec ses alliés et partenaires européens et régionaux — il a cité le Qatar, le Koweït et les Émirats — pour garantir la sécurité des populations et la préservation des intérêts fondamentaux affectés par la crise.





