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8-Mars : des dizaines de milliers dans 150 villes exigent budget de 3 milliards, loi-cadre contre les violences et égalité salariale — Gisèle Pelicot en tête à Paris

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Des dizaines de milliers de personnes ont défilé dans près de 150 villes le 8 mars pour la Journée internationale des droits des femmes, dénonçant violences sexuelles, précarité économique et la montée du conservatisme à l’approche des municipales. À Paris, la présence de Gisèle Pelicot et de dirigeantes syndicales a mis en lumière les demandes : budget annuel de 3 milliards, loi‑cadre contre les violences et mesures pour l’égalité salariale, alors que le gouvernement et les associations pointent un agenda parlementaire serré.

Des dizaines de milliers de personnes ont participé, dimanche 8 mars, à des rassemblements organisés dans près de 150 lieux en France pour la Journée internationale des droits des femmes. A Bordeaux, Lille, Marseille, Albi ou Alençon, les cortèges scandaient des slogans tels que « Stop aux violences », « Du travail pour vivre, pas survivre » et « Notre corps nous appartient », dénonçant notamment la montée du conservatisme, selon les organisateurs.

Départ à Paris et présence de Gisèle Pelicot

À Paris, le cortège est parti à 14 heures de la place de la Bataille-de-Stalingrad en direction de la place de la République. Aux alentours de 14 h 30, Gisèle Pelicot, connue pour avoir été victime de viols commis par de nombreux hommes réunis par son ex-mari et devenue une figure de la lutte contre les violences sexuelles, a rejoint la manifestation accompagnée de sa fille, Caroline Darian.

« On ne lâchera rien ! », a lancé Mme Pelicot au départ du cortège, acclamée par les manifestants, dont plusieurs lui ont crié « merci ». Caroline Darian, qui a porté plainte contre son père qu’elle accuse de l’avoir agressée sexuellement, a déclaré : « Je suis extrêmement honorée d’être ici en présence de ma maman, qui envoie un vrai message d’espoir à toutes les victimes de France. »

La septuagénaire est restée quelques dizaines de minutes avant de quitter le cortège, laissant sa fille aux côtés des militantes féministes et de la chanteuse Suzane, dont la chanson Je t’accuse dénonce les violences sexuelles. En tête de marche, la banderole du collectif organisateur, Grève féministe, était portée entre autres par la dirigeante de la CGT, Sophie Binet, et par Suzy Rojtman, porte-parole du Collectif national pour les droits des femmes.

Revendi­cations face à l’extrême droite et contexte électoral

Les organisateurs ont mis en garde contre ce qu’ils estiment être le « danger » que représente l’extrême droite pour les droits des femmes, à l’approche des élections municipales prévues les 15 et 22 mars. Myriam Lebkiri, représentante de la CGT, a résumé l’enjeu lors d’une conférence de presse : il s’agit de se battre pour « l’émancipation des femmes » et « contre l’extrême droite, qui sème le racisme, la misogynie et l’homophobie ».

La veille, une marche de nuit « féministe et antifasciste », organisée samedi soir à Paris par l’Observatoire du racisme en politique, avait rassemblé 3 200 personnes selon une source policière. Le cortège s’est dispersé sans incident majeur, mais des tags ont été constatés et une personne a été placée en garde à vue.

Sur Franceinfo, la ministre déléguée à l’égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, a estimé que « dans le monde, on voit des puissances, qu’elles soient intégristes, religieuses, réactionnaires, qui attaquent en premier lieu la question des libertés des femmes et nos corps », en pointant des reculs « dans l’accès à la santé » et sur « des éléments fondamentaux, comme l’avortement ». Anne Leclerc, du Collectif national pour les droits des femmes, a cité les États-Unis sous Donald Trump comme « un laboratoire » des mesures remettant en cause l’accès à l’avortement et certaines politiques de lutte contre la discrimination.

Revendi­cations économiques et projets de loi

Parallèlement aux dénonciations des violences sexuelles et sexistes, le cortège portait des revendications économiques fortes. Les associations réclament un budget annuel de 3 milliards d’euros et une loi-cadre intégrale incluant prévention, éducation, protection, accompagnement des victimes et sanctions des agresseurs.

Aurore Bergé avait présenté en novembre les grandes lignes d’un projet de loi-cadre comportant 53 mesures. Les organisateurs et certains élus s’inquiètent toutefois de la possibilité que ce texte n’aboutisse pas, en raison d’un agenda parlementaire jugé resserré.

Sur le plan salarial, l’Insee indiquait que, en 2024, le salaire moyen des femmes dans le secteur privé restait en moyenne inférieur de 21,8 % à celui des hommes. L’écart en équivalent temps plein « à emploi comparable » était estimé à 3,6 %.

Enfin, les bilans de participation des marches précédentes restent contrastés : les organisateurs avaient revendiqué l’an dernier 120 000 personnes à la marche parisienne et 250 000 participants au total en France, tandis que la police avait comptabilisé 47 000 manifestants à Paris.

Sur le plan institutionnel, le président de la République, Emmanuel Macron, a rappelé dimanche sur X (anciennement Twitter) que « les droits des femmes ne sont jamais définitivement acquis. Ils sont le fruit de combats de chaque instant, de conquêtes arrachées par le courage et d’une vigilance qui ne doit jamais faiblir ».

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