Deux coulées de lave issues du piton de la Fournaise ont traversé la route nationale RN2 reliant le sud à l’est de La Réunion, a indiqué la préfecture vendredi 13 mars. Le phénomène, rare, intervient alors que le volcan est en éruption depuis le 13 février — une reprise qui constitue la deuxième séquence éruptive de l’année selon les informations diffusées localement.
Traversées successives et mesures horaires
Le premier bras de lave a franchi la RN2 à 8 heures, heure locale (5 heures à Paris), « sur une longueur de 15 mètres et une hauteur de 1,5 mètre », précisent les services de l’État sur les réseaux sociaux. Une seconde coulée a ensuite coupé la route à 9 h 27 (6 h 27 à Paris).
L’Observatoire volcanologique du piton de la Fournaise a rapporté sur sa page Facebook que « ce front [de coulée] est actuellement (…) à 670 mètres de l’océan ». Les autorités locales soulignent que l’événement s’est produit dans une zone totalement inhabitée et qu’il n’y a pas de danger pour les personnes et les biens.
Impact sur la circulation et itinéraires détournés
Sur le plan routier, la traversée de la RN2 par la lave provoque des perturbations majeures entre l’est et le sud de l’île. Tout trajet direct entre Saint‑Philippe, au sud, et Sainte‑Rose, à l’est, est devenu impossible. Ces deux communes sont distantes de 32 kilomètres ; le trajet qui durait habituellement une trentaine de minutes nécessite désormais le contournement complet de l’île, portant la durée du trajet à environ deux heures et demie.
La préfecture avait anticipé la menace dès la veille : face au risque de franchissement de l’axe routier, le préfet a ordonné la fermeture, dès 15 heures jeudi, de la portion concernée de la RN2, également appelée « route des laves ». Par mesure de sécurité, seuls les piétons et les cyclistes peuvent franchir le barrage qui bloque la circulation automobile.
Affluence et observations sur le terrain
Depuis l’annonce d’une possible traversée de la route par la lave, de nombreuses personnes — résidents et touristes — se sont rendues à proximité du site pour observer l’événement. Les autorités n’indiquent pas de menace directe pour les visiteurs présents à distance, mais la présence de spectateurs rappelle la fréquentation que suscitent certaines phases éruptives du volcan.
Les services de l’État et l’Observatoire continuent de suivre l’évolution du front de lave et d’informer la population via leurs canaux officiels.
Contexte historique et mémoire locale
La dernière fois que la lave avait traversé la RN2 remontait à 2007. En comptant l’épisode de vendredi, la RN2 a été franchie par des coulées à sept reprises depuis 1977. L’épisode de 1977 est resté profondément inscrit dans la mémoire collective de l’île : une coulée s’était alors arrêtée aux portes de l’église de Sainte‑Rose, se séparant en deux bras qui avaient contourné l’édifice sans le détruire.
Depuis cet événement, l’église est connue sous le nom de Notre‑Dame des Laves et figure parmi les sites touristiques majeurs de l’est de La Réunion.
Le piton de la Fournaise, volcan particulièrement actif, a entamé sa nouvelle période éruptive le 13 février. Les autorités locales et les services scientifiques poursuivent leur surveillance afin d’évaluer l’évolution des coulées et d’ajuster les mesures de sécurité si nécessaire.





