Le premier tour des élections municipales à Menton, tenu le 15 mars, a donné un résultat net et défavorable pour Louis Sarkozy, 28 ans. La candidate du Rassemblement national (RN) des Alpes-Maritimes, Alexandra Masson, arrive largement en tête avec 36,25 % des voix, selon les résultats communiqués après le scrutin.
Des scores contrastés au sein de la droite
Louis Sarkozy, arrivé en troisième position, a recueilli 18,01 % des suffrages. Il se trouve ainsi loin derrière la deuxième candidate, la divers droite Sandra Paire, créditée de 19,74 %. Une troisième liste de droite, conduite par Florent Champion, a obtenu 15,09 % des voix.
Ces résultats placent les trois listes de droite qualifiées pour le second tour face à un choix stratégique : s’entendre pour empêcher que la municipalité bascule vers l’extrême droite. Dans l’immédiat, les pourcentages montrent une fragmentation de l’électorat de droite, au bénéfice relatif de la tête de liste RN.
Le revers personnel de Louis Sarkozy
À 28 ans, Louis Sarkozy avait affiché l’ambition de reproduire le succès municipal précoce de son père, Nicolas Sarkozy, alors élu maire de Neuilly en 1983 à un âge similaire. Malgré une campagne qualifiée de tonitruante, son score du 15 mars le place en situation défavorable pour le second tour.
Restant mesuré publiquement, il a expliqué que ce résultat l’ « oblige », en rappelant qu’il n’est Mentonnais que depuis quelques mois. Cette courte implantation locale est avancée comme un des facteurs expliquant sa faible progression dans une ville marquée par des affaires ayant fragilisé l’équipe sortante.
Contexte judiciaire et climat local
La campagne se déroule sur fond de révélations judiciaires touchant la municipalité sortante. Le maire sortant, Yves Juhel, âgé de 80 ans, a été condamné le 6 mars par le tribunal correctionnel de Marseille à trois ans de prison, dont deux avec sursis, pour complicité de détournement de fonds publics et recel. Son adjoint aux finances, Mathieu Messina, a, lui, été condamné à trois ans de prison ferme.
Ces condamnations, intervenues quelques jours avant le premier tour, ont visiblement pesé dans le climat politique local et dans le regard des électeurs sur la gestion municipale. Dans un contexte de défiance, les électeurs ont redistribué leurs voix entre plusieurs listes, favorisant la candidate RN qui capitalise sur ce désarroi.
Les chiffres du premier tour illustrent une situation où le vote protestataire et la division des forces de droite structurent le paysage électoral. La présence de trois listes de droite concurrentes rend l’issue du second tour incertaine si aucune alliance n’est formée.
Enjeux pour le second tour
Pour les forces de droite, la question centrale reste la capacité à rassembler. Un retrait ou une fusion de listes en faveur d’un candidat unique constituerait la principale option pour tenter de contrer la liste RN d’Alexandra Masson. Sans accord, la fragmentation des voix pourrait profiter à la tête de liste arrivée en tête le 15 mars.
Du côté de l’électorat, le scrutin met en évidence la sensibilité des électeurs mentonnais aux questions d’éthique publique et de gestion municipale. Les résultats du premier tour laissent place à des manœuvres politiques et à des négociations locales dans les jours qui précèdent le second tour.
Les prochains jours seront déterminants : ils permettront de savoir si les listes de droite parviendront à s’entendre pour présenter un front commun, ou si la division conduira à une victoire de la candidate RN arrivée en tête au premier tour.





