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Fayard après la reprise par Vivendi : des dizaines d’auteurs réclament la restitution de leurs droits pour éviter l’association au catalogue d’extrême droite

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Après la reprise de Fayard par le groupe Vivendi, des dizaines d’auteurs — dont l’historien Jean‑Yves Mollier — cherchent à récupérer leurs droits pour ne pas être associés à l’arrivée d’auteurs d’extrême droite au catalogue. Face aux refus de restitution, clauses de confidentialité et limites du droit d’édition, le bras de fer interroge la protection des auteurs et la responsabilité des maisons bibliographiques.

Refusant d’être associés aux auteurs d’extrême droite qui ont récemment rejoint le catalogue de Fayard, des dizaines d’écrivains et d’essayistes ont entrepris — ou tentent encore — de récupérer leurs droits et de quitter la maison d’édition désormais contrôlée par le groupe Vivendi. L’historien Jean‑Yves Mollier figure parmi les voix les plus visibles de ce mouvement de retrait.

Un changement de propriété et de ligne éditoriale

Avant sa reprise par le groupe Vivendi dirigé par Vincent Bolloré en 2023, Fayard publiait des titres variés et jouissait d’une longue histoire dans l’édition française. Depuis cette prise de contrôle, la maison a vu apparaître dans son catalogue des auteurs identifiés comme appartenant à l’extrême droite, ce qui a suscité des réactions de rejet au sein d’une partie de son récent vivier d’auteurs.

Plusieurs écrivains ont estimé qu’ils ne pouvaient plus être associés, même indirectement, à cette nouvelle orientation. Selon le récit qui a circulé, ils ont alors cherché à rompre leurs relations contractuelles et à reprendre la maîtrise de leurs œuvres, en invoquant notamment le refus d’être publiquement rattachés à des titres ou des auteurs dont ils désapprouvent la ligne.

Cadre juridique et limites pratiques

En droit français, les contrats d’édition confèrent à la maison le droit d’exploiter un livre pendant une durée codifiée : les ouvrages restent en pratique au catalogue des éditeurs jusqu’à soixante‑dix ans après la mort de l’auteur. Une réforme de 2014 visait à faciliter la séparation entre auteur et éditeur lorsque l’œuvre n’est pas ou n’est plus exploitée, mais, dans les faits, les éditeurs conservent souvent la marge de manœuvre décisive.

Ce décalage entre le texte législatif et la pratique contractuelle apparaît au cœur des demandes de retrait formulées par les auteurs. Lorsqu’un éditeur continue de diffuser un titre, il peut opposer le maintien de l’exploitation comme motif pour refuser la restitution des droits, même si l’auteur conteste la politique éditoriale de la maison.

Le dossier Mollier : échanges et refus

L’exemple de Jean‑Yves Mollier illustre la difficulté d’obtenir la restitution des droits. Professeur émérite d’histoire contemporaine à l’université Paris‑Saclay‑Versailles‑Saint‑Quentin‑en‑Yvelines, il avait publié chez Fayard, avant la reprise de 2023, une biographie sur Louis Hachette ainsi que cinq autres ouvrages.

Le 26 décembre 2025, Jérôme Laissus, directeur général des éditions Fayard, a refusé par courriel de restituer ces droits en invoquant que la maison « continue de diffuser ses ouvrages ». Cette position a conduit à des échanges tendus entre l’universitaire et la direction.

Le ton des discussions est devenu, selon les éléments communiqués, très contraignant et conditionnel. Dans un message téléphonique daté du 14 janvier, Émilie Revesz Benayoun, secrétaire générale adjointe d’Hachette Livre, aurait proposé la restitution des droits à la condition expresse d’accepter une clause de confidentialité et de s’engager à « ne plus parler d’Hachette dans les médias ». Jean‑Yves Mollier a répondu sèchement : « Si j’acceptais, vous me mépriseriez ! »

Conséquences et position des auteurs

Face à ces blocages, plusieurs auteurs ont choisi d’engager des démarches pour récupérer leurs manuscrits et leurs droits d’exploitation. Le mouvement reste toutefois hétérogène : certains cherchent une solution amiable, d’autres envisagent des recours juridiques, et d’autres enfin attendent l’évolution des négociations en interne.

La situation interroge la place des clauses contractuelles et des pratiques éditoriales dans les rapports auteur‑éditeur, notamment lorsqu’un changement de propriété entraîne une perception différente de la ligne éditoriale. Elle soulève aussi la question de l’effectivité des dispositifs législatifs censés protéger la liberté des auteurs face aux changements de stratégie des maisons.

Sans annonce publique de règlement généralisé, le dossier illustre la difficulté pour des auteurs établis de se détacher d’un éditeur quand celui‑ci affirme poursuivre l’exploitation commerciale de leurs œuvres, même après un changement notable de direction et d’orientation éditoriale.

Parlons Politique

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