Les deux principales fédérations syndicales françaises, la CFDT et la CGT, ont publié chacune un communiqué, lundi 16 mars, pour appeler les électeurs à refuser l’extrême droite lors du second tour des élections municipales. Six jours avant le scrutin, leurs messages diffèrent par le ton mais convergent sur l’objectif : contenir l’implantation du Rassemblement national (RN) et de formations qui lui sont apparentées.
Appels convergents, tonalités différentes
La CFDT et la CGT n’emploient pas les mêmes mots, mais adressent le même signal aux citoyennes et citoyens : ne pas porter le suffrage vers le RN, ni vers des listes se revendiquant d’idées proches, telles que l’Union des droites pour la République ou Reconquête!. Aucun des deux syndicats ne donne de consigne de vote explicite en faveur d’un parti précis.
La centrale cédétiste met en avant ses « valeurs » et juge nécessaire de s’opposer à une doctrine qui place « l’exclusion et la préférence nationale » au centre de son programme. La CGT, plus virulente dans sa formulation, décrit l’extrême droite comme « la pire ennemie du monde du travail » et dénonce « son projet violent, raciste, antisémite, sexiste et LGBTQIphobe », estimant qu’il « représente un danger pour notre démocratie et notre République ».
Un appel à la mobilisation électorale
Les deux organisations insistent sur l’importance de la participation : il s’agit d’encourager les électeurs à se rendre aux urnes, le 22 mars, plutôt que d’orienter leur choix vers une force politique donnée. Ce positionnement met l’accent sur le rôle des municipales dans la gestion des affaires locales et sur l’enjeu que représente, selon elles, la présence de l’extrême droite dans les exécutifs communaux.
La CGT ajoute à son message une adresse implicite aux partis de droite : elle les invite à « refuser toute alliance avec l’extrême droite ». La formulation vise à prévenir des accords locaux qui pourraient faciliter l’accès de ces listes à des postes de responsabilité municipale.
Distance affichée vis-à-vis des enjeux partisans
Un élément marquant du communiqué de la CGT est l’absence d’injonction claire à voter pour la gauche. Le syndicat se contente d’appeler « les travailleuses et les travailleurs » à « faire entendre leurs exigences sociales », sans désigner de force politique précise. Cette retenue contraste avec l’attitude adoptée en 2024, lors des élections législatives anticipées, où la CGT avait, à deux reprises, invité à soutenir des candidats du Nouveau Front populaire (NFP).
Le choix de ne pas revenir sur une consigne de vote explicite semble vouloir préserver l’indépendance syndicale et éviter d’être entraîné dans les divisions internes de formations politiques. Les communiqués soulignent ainsi la volonté des organisations de rester des acteurs autonomes du débat public.
Un réflexe ancien chez les syndicats
Les prises de position contre le RN ne sont pas nouvelles : CFDT et CGT s’opposent depuis des années à son programme et le dénoncent sur le fond. Ces appels à battre l’extrême droite aux élections locales s’inscrivent donc dans une continuité d’engagements, visant à défendre les valeurs républicaines et la protection des droits sociaux et civiques au niveau communal.
Sur le plan pratique, ces communiqués cherchent surtout à influencer le taux de participation et la mobilisation locale. Ils rappellent, implicitement, que les équilibres politiques municipaux peuvent être profondément modifiés par des basculements, même limités, dans des communes stratégiques.
En l’état, CFDT et CGT se placent sur une ligne de vigilance : elles refusent d’appeler à soutenir une formation spécifique, mais font clairement part de leur hostilité à l’égard du RN et des mouvements apparentés, tout en demandant aux électeurs de se mobiliser le 22 mars.





