La campagne municipale à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) a pris, dans la dernière ligne droite, un tour inédit : après des années de divisions, plusieurs listes de gauche ont conclu un « accord solide » qui remet en cause la position du maire centriste sortant, Jean‑René Etchegaray. Celui-ci est également président de la Communauté d’agglomération Pays basque.
Un regroupement inédit pour concurrencer l’équipe sortante
La nouveauté tient autant à la forme qu’au timing. Les listes de gauche, longtemps éloignées par des divergences profondes, se sont rapprochées après le premier tour afin de rassembler leurs forces pour le second tour. Selon les chiffres du premier tour, ces listes et celle de La France insoumise — éliminée au premier tour avec 7,26 % des suffrages — totalisaient 8 991 voix, soit environ 47 % des suffrages exprimés.
De son côté, la liste du maire sortant recueillait 8 026 suffrages, correspondant à 42,11 % des voix exprimées. Le rapprochement des forces de gauche apparaît donc, sur le papier, comme une réponse directe à la performance du camp d’en face.
Les chiffres du premier tour et leurs implications
Le premier tour a également mis en évidence la percée d’un candidat classé à l’extrême droite, qui n’était pas labellisé Rassemblement national. Ce candidat a obtenu 2 043 voix, soit 10,72 % des suffrages, et se maintient au second tour. Ce maintien est présenté comme susceptible de conduire à l’élection, au moins, d’un conseiller issu de ce bord, ce qui constituerait une première pour la représentation de cette sensibilité en Pays basque.
La répartition des voix place les deux listes de gauche principales en situation de force si elles parviennent à capitaliser l’ensemble des suffrages réunis au premier tour. Mais la présence d’un candidat d’extrême droite au second tour complexifie le paysage électoral et introduit un enjeu supplémentaire pour les stratégies de report de voix.
Composition des listes et positionnement politique
Parmi les listes de gauche, « Baiona mugimenduan » (Bayonne en mouvement), conduite par l’abertzale Jean‑Claude Iriart, est arrivée en deuxième position avec 21,99 % des voix. Cette liste fédère plusieurs sensibilités : abertzale, écologistes, acteurs de l’extrême gauche et militants du Parti socialiste, parmi lesquels figure la députée de Bayonne, Colette Capdevielle.
La liste « Bayonne tout simplement », emmenée par Henri Etcheto, conseiller municipal socialiste d’opposition, a obtenu 21,37 % des suffrages. Elle rassemble des responsables locaux du Parti socialiste et du Parti communiste français, participant ainsi à la dynamique collective qui vise à concurrencer l’équipe municipale sortante.
Ces deux listes cumulées, plus la part de La France insoumise éliminée au premier tour, expliquent le total d’environ 47 % signalé au soir du premier tour. Le rapprochement formalisé entre ces forces traduit le souhait de transformer cet électorat dispersé en un bloc capable d’obtenir une majorité au conseil municipal.
Enjeux pour le second tour
La fusion des listes de gauche fragilise la première ligne de la majorité municipale sortante, incarnée par Jean‑René Etchegaray, dont la liste avait réuni 8 026 électeurs au premier tour. Le rassemblement des forces de gauche offre une trajectoire claire vers une alternance possible, pour autant que les reports de voix s’opèrent comme espéré.
La présence d’un candidat d’extrême droite au second tour reste un paramètre imprévisible : avec 2 043 voix au premier tour, cette candidature représente un électorat significatif qui pourrait peser sur les équilibres locaux si les reports ne se répartissent pas comme anticipé.
Au final, la suite de la campagne et les choix des électeurs au second tour détermineront si ce rapprochement inédit des gauches se traduira par une alternance dans la gestion municipale de Bayonne, ou si le maire sortant et sa majorité conserveront leur mandat.





