Mercredi 18 mars 2026, le Parti socialiste (PS) a annoncé qu’il retirait « toute forme de soutien » au candidat de La France insoumise (LFI) à Argenteuil (Val-d’Oise), Yassin Zeghli, au second tour des élections municipales, après la révélation par la presse d’une condamnation pour violences conjugales.
Le retrait du soutien socialiste
Dans un communiqué diffusé mercredi, le PS indique avoir « pris connaissance de la condamnation par la justice du candidat ‘insoumis’ à Argenteuil (Val-d’Oise), Yassin Zeghli, pour violences conjugales, des faits d’une extrême gravité révélés ce jour par voie de presse ». Le parti rappelle que de tels actes « ne sauraient être compatibles avec le combat inlassable et intransigeant mené par le Parti socialiste contre les violences faites aux femmes ».
Le PS précise qu’il « retire toute forme de soutien à la liste ‘Nous les Argenteuillais.es’ » et ajoute que cette liste « ne pourra en aucun cas se prévaloir du logo du parti ». Le communiqué demande également « instamment à ses militants de se mettre en retrait de la campagne de monsieur Zeghli sans délai ».
Réponse de LFI et point sur le casier judiciaire
Contacté par l’Agence France‑Presse, Paul Vannier, député LFI d’Argenteuil et responsable des élections pour la formation mélenchoniste, a affirmé que « Monsieur Zeghli se présente devant les électeurs avec un casier vierge de toute condamnation suite à une décision de justice ». Le propos suggère que le casier aurait été, selon LFI, vidé ou considéré comme vierge pour la candidature.
Vannier n’a toutefois pas précisé si LFI conteste la condamnation rapportée par la presse, ou si la peine a été effacée du casier judiciaire en application de dispositions juridiques. Cette absence de précision laisse un point juridique non éclairci dans la communication publique des deux partis.
Le responsable LFI a par ailleurs dénoncé des « pratiques illégales » de la droite visant, selon lui, à discréditer le candidat à trois jours du scrutin, et a indiqué qu’une plainte était déposée.
Les chiffres du premier tour et la configuration locale
Au premier tour, Yassin Zeghli est arrivé deuxième, avec 26,53 % des voix, derrière le maire sortant Les Républicains Georges Mothron, crédité de 37,7 %. Deux autres listes de gauche figuraient parmi les principaux résultats : celle de Philippe Doucet (divers gauche) avec 13,0 %, et celle de Nicolas Bougeard (PS) avec 12,54 %.
Après le premier tour, Zeghli avait constitué une « liste de rassemblement » qui avait réuni l’ensemble de la gauche locale en vue du second tour, conformément à des accords locaux critiqués par certains au sein du PS. Le retrait de soutien national ou local du PS modifie à présent la dynamique de cette coalition pour le second tour.
Éléments judiciaires rapportés et incertitudes
Selon une information du quotidien Le Figaro, citée par le PS, Yassin Zeghli aurait été condamné le 13 janvier 2023 à quatre mois de prison avec sursis pour violences conjugales. C’est cette révélation qui a motivé la prise de position publique du Parti socialiste le 18 mars 2026.
La communication de LFI, qui affirme un casier « vierge », n’a pas clarifié si la condamnation mentionnée par Le Figaro a été contestée, annulée ou effacée du casier. Le contraste entre l’annonce du PS et la déclaration de LFI crée une zone d’incertitude sur l’état réel du dossier judiciaire aux yeux de l’administration et des électeurs.
Cadre national et alliances locales
Au niveau national, le PS a choisi de ne pas conclure d’accord global avec LFI pour ces élections municipales, après des désaccords avec le leader de la France insoumise, Jean‑Luc Mélenchon. Malgré cela, des rapprochements locaux entre les deux formations se sont produits dans plusieurs villes en vue du second tour.
À Argenteuil, l’alliance de la gauche, jusqu’ici dirigée autour de la liste rassemblée par M. Zeghli, se trouve désormais fragilisée par le retrait de soutien du PS et par les divergences de communication entre partis. L’impact concret de cette décision sur le résultat final dépendra des choix des électeurs et des militants locaux d’ici au second tour.




