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Ursula von der Leyen à Canberra pour sceller l’accord UE‑Australie : quotas agricoles, accès au lithium et terres rares, sécurité et industrie en jeu

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Ursula von der Leyen se rend en Australie du 23 au 25 mars pour tenter de conclure un accord de libre‑échange UE‑Australie. Au cœur des négociations : quotas agricoles contestés, accès aux matières premières stratégiques (lithium, cobalt, terres rares, hydrogène) et possibilités de coopération en sécurité et industrie — l’issue dépendra des arbitrages attendus à Canberra.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, se rendra en Australie du 23 au 25 mars pour tenter de débloquer des négociations de libre‑échange entamées en 2018 et interrompues en 2023. L’objectif annoncé est d’aboutir à un accord commercial large tout en scellant, éventuellement, d’autres volets de coopération.

Un déplacement stratégique pour relancer les négociations

Le Premier ministre australien Anthony Albanese a indiqué le 18 mars qu’il rencontrerait Ursula von der Leyen à Canberra le 24 mars. La Commission européenne a confirmé que la présidente sera à Sydney et à Canberra entre le 23 et le 25 mars, accompagnée du commissaire au Commerce, Maroš Šefčovič.

Dans une lettre lue lundi 16 mars aux dirigeants de l’UE, en amont du Conseil européen des 19 et 20 mars, l’exécutif européen a jugé l’Union « dans la dernière ligne droite avant la conclusion d’un nouvel accord de libre‑échange » avec l’Australie. Le déplacement vise à transformer ces perspectives en un accord formel, après des années de discussions interrompues par des désaccords sensibles.

Ursula von der Leyen avait annoncé le 27 février la mise en œuvre provisoire de la partie commerciale de l’accord UE‑Mercosur, désormais ratifiée par les quatre pays sud‑américains concernés, rappelant l’actualité commerciale qui pèse sur les débats européens. Le commissaire Maroš Šefčovič a, pour sa part, assuré que « nous travaillons d’arrache‑pied pour parvenir à un accord mutuellement avantageux pour toutes les parties prenantes ». La décision finale sera prise par la présidente de la Commission et le Premier ministre australien à Canberra.

Les enjeux industriels et sécuritaires

Les discussions dépassent le seul cadre des biens agricoles. L’accord envisagé prévoit notamment la suppression réciproque des droits de douane et l’amélioration de l’accès de l’UE à des matières premières critiques, citant explicitement le lithium, le cobalt, les terres rares et l’hydrogène. Ces ressources sont jugées essentielles pour les transitions énergétiques et industrielles européennes.

La chef de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a indiqué la semaine dernière qu’un partenariat en matière de sécurité et de défense, déjà finalisé, pourrait être scellé à l’occasion du déplacement. L’Australie est aujourd’hui le troisième partenaire commercial bilatéral de l’UE et sa deuxième source d’investissements étrangers derrière les États‑Unis.

Blocages majeurs : l’agriculture au cœur du différend

Le principal point de tension reste l’agriculture. Les négociations avaient capoté en 2023 sur le dossier des volumes d’exportation de viande ovine et bovine concernés par une baisse des droits de douane. Canberra réclame l’ouverture de quotas importants ; Bruxelles propose des plafonds jugés insuffisants par les autorités australiennes.

Sur la question précise des tensions, Canberra demandait 40 000 tonnes de bœuf par an sous tarif réduit, tandis que Bruxelles plafonnait ces quotas à 30 000 tonnes. La fédération agricole Copa‑Cogeca, qui regroupe plusieurs organisations et coopératives de l’UE, a exprimé son inquiétude. Son président, Massimiliano Giansanti, a déclaré le 11 février : « L’agriculture ne peut pas, une fois de plus, être traitée comme un moyen de pression pour obtenir des gains dans d’autres secteurs. »

Le gouvernement australien a également soulevé la suppression possible de la taxe sur les voitures de luxe imposée aux véhicules européens, en échange d’un meilleur accès de ses produits agricoles au marché européen. Sur le plan économique, le ministre australien du Commerce, Don Farrell, a affirmé à Sky News Australia qu’un accord avec l’UE permettrait à l’Australie de gagner 6,1 milliards d’euros grâce aux échanges commerciaux.

Contexte régional et perspectives

La relance des négociations intervient dans un contexte régional remodelé par l’évolution des échanges internationaux. Si la Chine demeure un débouché majeur pour les exportations australiennes, l’ouverture commerciale signée avec Pékin en 2020 a poussé Canberra à diversifier ses marchés vers l’UE et d’autres partenaires.

Les prochains entretiens se dérouleront dans un climat international où les décisions sont sensibles, en particulier après la mise en œuvre provisoire du volet commercial de l’accord UE‑Mercosur le 27 février. Les positions restent toutefois marquées, et le calendrier serré laisse peu de marge pour régler les désaccords, en particulier sur les quotas agricoles et la protection des filières européennes.

Lors de la visite, la Commission et Canberra tenteront d’articuler des avancées commerciales avec des garanties pour les secteurs sensibles, tout en explorant des coopérations industrielles et sécuritaires plus larges. Le sort final de l’accord dépendra des arbitrages politiques qui seront rendus au plus haut niveau lors des rencontres prévues à Canberra.

Parlons Politique

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