La France insoumise (LFI) a annoncé, « au dernier jour de la campagne électorale », le retrait d’une de ses listes pour l’élection à la Métropole de Lyon. La décision vise explicitement à empêcher une victoire de la droite soutenue par Jean‑Michel Aulas dans la circonscription de Lyon‑Ouest, après un premier tour jugé favorable aux listes alliées à l’homme d’affaires.
Retrait ciblé à Lyon‑Ouest : objectifs et annonces
« Nous allons retirer notre liste à Lyon‑Ouest de manière à ce que M. Aulas soit battu dans cette circonscription, et que nous augmentions les chances des listes de gauche d’être majoritaires en sièges dimanche », a déclaré le député LFI Gabriel Amard lors d’un déplacement à Villeurbanne (Rhône). Il était accompagné du coordinateur national de LFI, Manuel Bompard, pour soutenir les candidats au scrutin local.
Le message est présenté par LFI comme un geste stratégique destiné à favoriser l’union des forces de gauche sur un segment jugé décisif de la métropole. Selon les responsables du parti, le retrait ne s’est pas accompagné de contrepartie, Gabriel Amard affirmant avoir « demandé aucune contrepartie à cette décision » et estimant que son mouvement avait fait « sa part du chemin ».
Une métropole électoralement dense : configuration et chiffres
Les électeurs de Lyon et de sa périphérie votent également pour la Métropole de Lyon, présentée dans le communiqué comme « la seule communauté d’agglomération élue au scrutin universel direct ». Ce territoire regroupe 58 communes et 1,4 million d’habitants et est découpé en 14 circonscriptions. La circonscription dite de Lyon‑Ouest englobe les 5e et 9e arrondissements de la ville.
Au soir du premier tour, les listes menées par Véronique Sarselli (Les Républicains), alliée à Jean‑Michel Aulas, ont remporté quatre des 14 circonscriptions et se sont placées en tête dans cinq autres. À Lyon‑Ouest, la liste soutenue par Aulas a obtenu 41,19 % des voix, la liste d’union de la gauche de la majorité sortante 30,59 %, et la liste de LFI 10,85 %.
Tensions internes et réactions publiques
Manuel Bompard a expliqué que LFI « n’accepte pas le risque » de voir la métropole « basculer à droite ». Il a également dénoncé l’absence d’accord avec le président écologiste sortant de la collectivité, Bruno Bernard, en soulignant que la situation différait de celle de la ville de Lyon où le maire écologiste Grégory Doucet et LFI avaient réalisé une « fusion technique » de leurs listes.
Les responsables LFI ont critiqué certains élus locaux, pointant « l’irresponsabilité » des maires sortantes de Vaulx‑en‑Velin, la socialiste Hélène Geoffroy, et de Vénissieux, la communiste Michèle Picard, qu’ils accusent d’empêcher une fusion des listes. Ces accusations traduisent des tensions dans la mise en place d’un rassemblement de gauche plus large dans plusieurs circonscriptions.
Bruno Bernard a salué le retrait comme un « choix de responsabilité qui permet de créer les conditions de la victoire face à la droite de Jean‑Michel Aulas », selon un communiqué cité par les équipes de campagne.
Jean‑Michel Aulas, lui‑même engagé dans la campagne municipale — il figure en troisième position sur la liste métropolitaine de Lyon‑Ouest — a réagi sur le réseau X en critiquant les manœuvres partisanes : « Tambouille, accords de coulisses, manipulations électoralistes : ils pensent pouvoir confisquer le choix des Lyonnais avec leurs combines d’appareil. Mais les Lyonnaises et les Lyonnais ne sont pas dupes : ils ne seront jamais les otages de l’extrême gauche ». Son intervention illustre la tonalité vive des échanges entre camps adverses à la veille du second tour.
Au‑delà des postures publiques, le retrait de la liste LFI dans Lyon‑Ouest modifie la configuration locale pour le second tour et illustre la priorité donnée par certains partis à l’emporte‑pèce des sièges plutôt qu’à la simple expression de listes concurrentes. L’impact concret de ce geste sera mesuré au moment du dépouillement final, lorsque les sièges seront répartis et que l’on pourra évaluer si l’opération a effectivement renforcé les chances des listes de gauche dans la métropole.





