Dans près de 96 % des communes françaises, soit pour 42,6 millions d’habitants, les élections municipales se sont achevées dès le premier tour, dimanche 15 mars 2026. Dans les quelque 1 500 villes restantes, les électeurs étaient de nouveau appelés aux urnes dimanche 22 mars pour désigner leurs équipes municipales.
Voici un état des principaux résultats dans une quinzaine de communes particulièrement observées, soit parce qu’elles pouvaient basculer, soit parce qu’une personnalité nationale y était engagée. Les chiffres et citations sont repris tels que rapportés, notamment les premières estimations d’Ipsos BVA pour certaines villes.
Paris, Lyon, Marseille : trois métropoles sous haute tension
À Paris, Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche (PS, PCF, Les Écologistes), l’emporte nettement face à Rachida Dati (LR) avec plus de 53 % des voix, selon une première estimation d’Ipsos BVA. Le scrutin parisien avait pris la forme d’une triangulaire : Grégoire, arrivé en tête au premier tour, faisait face à Rachida Dati — qui avait fusionné sa liste avec celle de Pierre-Yves Bournazel (Horizons-Renaissance) — et à Sophia Chikirou (LFI), qui s’était maintenue. Sarah Knafo (Reconquête !) s’était désistée après le premier tour malgré sa qualification de justesse.
À Lyon, Grégory Doucet (Les Écologistes), maire sortant et tête d’une liste d’union de la gauche, arrive en tête selon les premières estimations d’Ipsos BVA. Au premier tour, il avait devancé de peu Jean‑Michel Aulas, candidat de la droite et du centre. M. Doucet avait conclu une « fusion technique » avec la candidate de LFI, Anaïs Belouassa‑Cherifi, dont la liste avait obtenu 10,41 % des suffrages. Jean‑Michel Aulas a dénoncé des « irrégularités » et annoncé le dépôt d’un recours.
À Marseille, Benoît Payan (divers gauche), maire sortant, est largement réélu avec plus de 54 % des voix contre 40,1 % pour Franck Allisio, candidat du Rassemblement national. Le scrutin marseillais s’était joué dans une triangulaire : Payan (36 % au premier tour), Allisio (35 %) et Martine Vassal (12 %) ; Sébastien Delogu (LFI) s’était désisté pour faire obstacle au RN.
Bordeaux, Nantes, Lille, Le Havre : basculements et confirmations
À Bordeaux, Thomas Cazenave (Renaissance), député de Gironde et ancien ministre chargé des comptes publics, ravit la mairie à l’écologiste Pierre Hurmic. Le retrait de Philippe Dessertine (divers droite), arrivé troisième au premier tour, avait réorienté la donne et placé M. Cazenave en position de favori face à l’édile sortant, soutenu par plusieurs forces de gauche.
À Nantes, la maire PS Johanna Rolland est réélue pour un troisième mandat avec plus de 54 % des voix, contre 45,4 % pour le candidat de l’union de la droite et du centre, Foulques Chombart de Lauwe. Johanna Rolland avait fusionné sa liste avec celle de LFI menée par William Aucant pour le second tour.
À Lille, Arnaud Deslandes, nommé maire il y a un an après le départ de Martine Aubry, a été élu face à la candidate LFI Lahouaria Addouche. Au premier tour, la tête de liste « insoumise » avait créé la surprise en talonnant le maire sortant ; une alliance entre socialistes et écologistes a été conclue dans l’entre‑deux‑tours.
Au Havre, Edouard Philippe (Horizons), maire sortant et ancien premier ministre, est réélu à l’issue d’une triangulaire inédite depuis 1995. Il recueille 47,7 % des voix, devant le communiste Jean‑Lecoq (41,2 %) et le candidat UDR‑RN Franck Keller (11,1 %). Par sa réélection, M. Philippe consolide sa trajectoire politique pour 2027, condition qu’il avait posée pour une éventuelle candidature présidentielle.
Autres villes remarquées : de Nice à Carcassonne
À Nice, Eric Ciotti, promoteur de « l’union des droites » et soutenu par le RN, remporte la mairie face à Christian Estrosi (LR‑Horizons). La candidate de gauche hors LFI, Juliette Chesnel‑Le Roux, se classe troisième. Christian Estrosi a annoncé se retirer de la vie politique à la suite de sa défaite.
À Pau, l’ancien premier ministre François Bayrou, maire depuis 2014, subit une défaite dans sa ville face à Jérôme Marbot, soutenu par le PS, Place publique, le PCF et les Écologistes. M. Marbot, avocat spécialisé en droit public et droit de l’environnement âgé de 50 ans, l’emporte avec seulement 344 voix d’avance sur le président du MoDem, 75 ans.
Mulhouse, première ville du Haut‑Rhin, offrait une configuration très ouverte avec douze listes initiales. Frédéric Marquet, candidat indépendant classé centre‑droit et dont la liste avait fusionné avec celle de Lara Million (Renaissance), remporte la mairie.
À Nîmes, la liste d’union de la gauche hors LFI menée par Vincent Bouget (PCF) bat le député européen RN Julien Sanchez, et la ville bascule à gauche.
À Brest, Stéphane Roudaut (divers droite) s’impose face au maire sortant François Cuillandre (PS), allié au second tour avec LFI. Brest était gérée par la gauche depuis 1989.
À Toulon, la candidate RN Laure Lavalette, arrivée largement en tête au premier tour, est finalement battue par la maire sortante divers droite Josée Massi. L’élue sortante avait refusé de constituer un front républicain au second tour.
À Roubaix, David Guiraud (LFI), député du Nord, remporte l’élection municipale après un premier tour où il était arrivé très largement en tête. Il devance largement le sortant divers droite Alexandre Garcin. La participation dans la ville s’est élevée à 37,48 %.
À Limoges, Guillaume Guérin (LR) conquiert la mairie. La fusion des listes PS et LFI n’a pas permis à la gauche de reprendre la ville, détenue par la droite jusqu’en 2014.
Enfin, à Carcassonne, Christophe Barthès (RN) remporte une victoire nette face à une liste divers droite conduite par François Mourad et une liste d’union de la gauche menée par Alix Soler‑Alcaraz. Le RN avait fait de Carcassonne un objectif majeur du scrutin.





