Renaud Muselier, président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) et de la Solideo, a estimé lundi 23 mars que l’élection d’Eric Ciotti à la mairie de Nice pose « un problème réel » pour l’organisation des Jeux olympiques d’hiver 2030 sur les sites niçois. Face aux divergences affichées par le nouveau maire, il a annoncé réfléchir à « un plan B » pour réévaluer la faisabilité du projet tel qu’il existe aujourd’hui.
Des positions opposées sur le site niçois
Le désaccord porte principalement sur l’implantation et le calendrier des infrastructures prévues à Nice. Le projet retenu prévoit d’équiper la ville pour le patinage artistique et le hockey sur glace, d’installer un village olympique et d’aménager un centre des médias. Il s’agit notamment de couvrir temporairement le stade de football pour y organiser les compétitions de hockey, et de construire à proximité une patinoire ainsi que le village olympique, côté ouest de la ville.
Eric Ciotti, candidat de l’Union des droites pour la République (UDR) allié au Rassemblement national (RN), a toutefois affirmé qu’il était favorable à l’accueil des JO d’hiver à Nice tout en rejetant le projet actuel. Il refuse notamment que l’OGC Nice, le club local de football évoluant en Ligue 1, soit privé de son stade pendant plusieurs mois. Il propose en outre de relocaliser certaines infrastructures sur des emplacements plus centraux, en citant le Palais des expositions pour la nouvelle patinoire et le site d’une caserne bientôt fermée pour le village olympique.
Réactions et alternatives envisagées
Interrogé par l’Agence France-Presse, Renaud Muselier a expliqué qu’il fallait « quelques explications de texte pour voir si c’est viable à Nice, sinon il faudra réévaluer ». Il a insisté : « Je n’hésiterai pas à tout changer s’il le faut », et a confirmé disposer « d’un plan B » sans en préciser le contenu.
Sur l’idée de déplacer des équipements vers des sites plus centraux, M. Muselier s’est montré critique, estimant qu’on lui présente des solutions de niveau inférieur. Il a déclaré : « Moi, je ne suis pas compétent, mais on me dit que c’est du niveau d’un championnat du monde juniors ». Il a rappelé que le projet vise une « dimension mondiale » et qu’il ne doit pas être traité comme une simple rivalité locale entre élus.
Calendrier budgétaire et risques de retard
La Solideo, l’établissement public chargé de la livraison des ouvrages pour ces Jeux d’hiver dans les Alpes françaises, a travaillé sur un chiffrage dont la communication est attendue « courant avril ». Selon Renaud Muselier, il faudra prendre une décision « fin avril ». Ces échéances interviennent alors que la gouvernance du comité Alpes 2030 connaît des tensions, une situation qui, selon lui, fait craindre des retards pour l’organisation.
Muselier a rappelé le calendrier financier et technique sans dévoiler de détails sur le plan alternatif qu’il évoque. L’annonce d’un chiffrage imminent laisse entendre que le projet doit encore être validé ou réajusté sous peu, et que la fenêtre décisionnelle est courte pour maintenir le calendrier des Jeux.
Contexte politique local
Le second tour municipal qui a conduit à l’élection d’Eric Ciotti a opposé dimanche Christian Estrosi (Horizons), vice-président de la région PACA et proche de M. Muselier, à M. Ciotti. M. Ciotti a battu M. Estrosi, ancien allié devenu adversaire, dans une campagne marquée par des inimitiés notoires entre les deux hommes.
La situation illustre la porosité entre enjeux locaux et organisation d’un événement international. Les choix d’implantation et les contraintes liées à des équipements existants, comme le stade de l’OGC Nice, soulignent les arbitrages difficiles entre préservation d’activités locales et exigences logistiques des Jeux.
Pour l’instant, les éléments publics restent limités : Muselier a fait part de ses inquiétudes, a annoncé un chiffrage prochain et a évoqué un plan alternatif sans en détailler la nature. La suite dépendra des discussions entre la mairie de Nice, la région PACA, la Solideo et le comité Alpes 2030, ainsi que des décisions qui seront prises d’ici la fin avril.





