La ville de Toulon, préfecture du Var comptant environ 180 000 habitants, n’a pas basculé vers le Rassemblement national. Au second tour des municipales, dimanche 22 mars 2026, la maire sortante divers droite Josée Massi a été élue avec 52,3 % des suffrages contre 47,5 % pour la candidate du RN, Laure Lavalette.
Les chiffres du scrutin
Le score final place Josée Massi en tête du second tour, avec 52,3 % des voix. Laure Lavalette, porte-parole du Rassemblement national dans cette campagne, améliore son pourcentage par rapport au premier tour mais ne parvient pas à renverser le résultat. Les deux chiffres publiés — 52,3 % et 47,5 % — donnent l’image d’un duel resserré mais décisif en faveur de la maire réélue.
La défaite du RN à Toulon intervient alors que le parti faisait de la conquête de la préfecture du Var un symbole national. Pour le moment, la ville reste sous une majorité divers droite, ce qui interrompt la dynamique d’implantation que le RN cherche à poursuivre dans plusieurs communes de taille moyenne.
Réactions et tonalités après l’annonce
Quelques minutes après l’annonce des résultats, le QG de Laure Lavalette a affiché la déception. Une militante historique du RN, identifiée comme Patricia, s’est exprimée avec colère : « C’est dégueulasse », a-t-elle dit en dénonçant l’union des deux listes de droite entre les deux tours. Sa réaction illustre la frustration des soutiens qui estiment que l’alliance a fait barrage à leur candidate.
Devant les caméras, Laure Lavalette a reconnu sa défaite et a félicité la maire sortante. Elle a déclaré n’avoir pas « réussi à rompre le front du rejet qui s’est levé de LR à LFI » et a ajouté : « Cette défaite est la mienne, j’en assume la pleine responsabilité. » Elle a néanmoins assuré aux électeurs qui l’ont soutenue qu’elle ne les abandonnerait pas et a qualifié le résultat d’ »historique ».
Dans la salle du conseil de l’Hôtel de ville, Josée Massi a été accueillie par ses partisans et a évoqué l’appel reçu de sa rivale. Elle a insisté sur la notion de légitimité : « J’ai gagné en légitimité », a-t-elle dit, rappelant qu’elle avait pris ses fonctions en mai 2023 après la condamnation de l’ancien maire Hubert Falco.
Contexte local et rappel judiciaire
Josée Massi avait été nommée à la tête de la municipalité en mai 2023, à la suite de la condamnation d’Hubert Falco. Ce dernier avait été sanctionné par une peine de trois ans de prison avec sursis et cinq ans d’inéligibilité pour détournement de fonds public, selon les éléments rapportés lors de la période de transition municipale. La maire sortante a souligné lors de sa déclaration qu’on la considérait auparavant comme « maire par intérim » et que l’élection confirme désormais son mandat direct auprès des Toulonnais.
Josée Massi a également mis en avant la résistance de la ville face au RN : « Toulon a résisté, Toulon résiste. On a résisté en 2024, vous le savez : on a le seul député qui n’est pas RN dans le Var. Toulon est une résistante », a-t-elle déclaré dimanche soir.
Enjeux politiques et portée nationale
À un an de l’élection présidentielle, la non-conquête de Toulon par le RN prive Marine Le Pen et Jordan Bardella d’un symbole supplémentaire dans le département. Un des soutiens du RN présent pendant la campagne a estimé que la ville était devenue « un symbole de conquête » pour le parti, ce qui, selon lui, a pu faire de Toulon un paratonnerre.
Le résultat local s’inscrit dans un tableau national contrasté évoqué pendant la soirée électorale : la gauche conserve de grandes métropoles comme Paris, Lyon et Marseille, l’extrême droite progresse dans certaines villes moyennes, et le bilan est jugé mitigé pour La France insoumise (LFI). Ces éléments ont servi de cadre d’analyse pour les acteurs locaux et nationaux après le second tour.
Sur le plan local, la victoire de Josée Massi met fin, pour l’instant, à l’objectif porté par le RN de prendre la préfecture varoise, vingt‑cinq ans après le mandat d’un maire RN, Jean‑Marie Le Chevallier. La campagne toulonnaise restera ainsi marquée par la polarisation entre un parti d’extrême droite en quête d’extension et une droite locale capable de s’unir pour empêcher sa percée.





